Avant-Première VO: Review Aquaman Annual #1[FRENCH] Aussi incroyable que cela puisse paraître Aquaman n’avait pas connu d’Annual l’an dernier. Cette fois John Ostrander veille au grain et en profite, là encore, pour faire vivre les Others, la fascinante équipe « cachée » d’Aquaman. L’épisode a l’avantage de confronter Aquaman à une menace puissante bien connue de l’univers DC. Mais à un autre niveau il nous laisse un peu sur notre faim.

Aquaman Annual #1Aquaman Annual #1 [DC Comics] Scénario de John Ostrander
Dessin de Geraldo Borges, Netho Diaz…
Parution aux USA le mercredi 30 octobre 2013

John Ostrander est un scénariste que j’apprécie beaucoup mais qui, un peu comme JM. De Matteis dont je parlais l’autre jour, a tendance à revenir à des thématiques générales même quand, parfois, elles mériteraient plus de mesure. On le connait ainsi très intéressé par les choses liées à la nature et les concepts totémiques (ceux qui ont connu ses Hawkman dans les années 90 comprendront de quoi je cause). Avec Aquaman, forcément, le discours sur la nature est là (et avec un personnage comme ça, quoi de plus normal on serait tenté de dire). Mais Ostrander charge un peu la barque, comme c’était déjà le cas avec son précédent remplacement sur Aquaman, quand il avait introduit une nouvelle héroïne amérindienne dans les rangs des Others. Et donc on n’y coupe pas, forcément l’indienne parle avec ses ancêtres sur le plan astral. Ya’Wara aussi communique avec une apparition (la « mère nature »). Et comme la base de Prisoner of War est de parler avec les morts, l’action n’a qu’en partie commencée qu’on a déjà l’impression d’être encerclé par des gens qui nous parlent de la nature et des morts. Ce qui fait un peu beaucoup pour une équipe comme les Others (du coup l’Operative et son « petit-fils » sont à peu près les seuls garants d’un peu de normalité).

Tout ça débouche sur une ennemie qui est intéressante car elle sort du contexte habituel d’Aquaman tout en ayant une existence ancienne dans l’univers DC. En plus le petit jeu de se faire passer pour quelqu’un d’autre n’est pas désagréable sur toute une première partie du sujet. Sauf… sauf qu’elle porte son déguisement même quand elle est seulement en présence de ses propres créations mystiques (c’est donc totalement inutile) et qu’on passe par contre à côté d’un lien qui aurait semblé naturel. Il n’aurait pas été idiot de lier son armure dorée aux divers talismans détenus par les Others, tant la technologie semble être la même. Mais l’histoire passe à côté de ce rapprochement potentiel pour… ben pour repartir dans un lot d’apparitions, d’illusions, de mirages et en fin de compte d’un nouveau discours sur la nature. Car la méchante de service est soucieuse de ce que l’humanité fait à la Terre. Alors, oui, je sais qu’on est dans l’univers DCnU et que les auteurs et éditeurs se sont achetés un droit d’inventaire mais ce n’est pas vraiment le genre de soucis que j’imaginais chez ce perso, plutôt connu pour sa perversité tout azimut. Ses motivations semblent un peu faiblardes (son idée pour s’échapper n’a pas l’air d’aller très loin, conceptuellement parlant). Et du coup cela fait une occasion de voir les Others (groupe par ailleurs intéressant) qui n’est pas utilisée à sa juste valeur. Dommage !

[Xavier Fournier]