Avant-Première VO: Justice League Dark #24[FRENCH] Et avec tout ça, elle est passée où, la Justice League Dark ? Dans l’après coup de Trinity War, vite remplacé par Forever Evil, on parle beaucoup du sort de la Justice League, de la Justice League of America mais la branche Dark, elle ? C’est une question que peut se poser John Constantine, qui semble être le seul à s’être échappé.

Justice League Dark #24Justice League Dark #24 [DC Comics] Scénario de J.M. De Matteis
Dessin de Mikel Janin
Parution aux USA le mercredi 23 octobre 2013

Il faut se faire une raison. On a décidé de temporiser, de ne pas nous dire où étaient passées les branches de la Justice League et ce « mal » touche cette semaine également Justice League Dark. John Constantine se réveille donc totalement seul, n’ayant pas tout à fait conscience de l’endroit d’où il s’est échappé et ne savant pas vraiment, du coup, où sont passés ses coéquipiers. A cet égard la bannière « Forever Evil » sur la couverture semble largement exagérée tant on a l’impression que l’épisode se passe loin de tout. S’il y a deux choses qui caractérisent l’écriture de J.M. De Matteis c’est une prédilection pour le mystique et une autre pour l’introspection. Le premier point fait de De Matteis un choix logique et naturel pour scénariser Justice League Dark. Le second un peu moins car l’auteur a tendance à mettre de l’introspection partout, y compris dans la bouche de personnages qui, d’habitude, en sont l’antithèse. Cynique et sans-gêne, John Constantine s’éveille donc dans cet épisode dans une véritable mise en image de sa psyché et je ne peux pas dire que ça sonne comme « LE » Constantine. Trop social, trop clean, trop préoccupé par les autres… Les apparitions qu’on nous montre ici n’ont rien à voir avec la façon avec laquelle, dans le temps, Constantine était hanté par les spectres des gens qu’il avait trahi.

Une chose dont J.M. De Matteis n’est pas responsable, c’est le fait que la « House of Mystery » est devenue au fil des mois un simple clone d’un… Tardis. Quelqu’un a visiblement trouvé drôle de faire du duo Constantine/sa maison un équivalent du Docteur de son Tardis. L’idée n’est pas forcément fameuse (dans le sens où ces personnages ne devraient pas être interchangeables) mais là en plus, ce mois-ci, on n’y va pas avec le dos de la cuillère. On nous repasse donc en revue les clichés de la maison se déplaçant dans l’espace-temps, qu’elle est plus grande qu’on pourrait le penser et qu’il y a même des pièces que son propriétaire découvre au fur et à mesure. Allez, n’oublions pas qu’elle est « un peu vivante ». Ce John Constantine là n’a en commun qu’une chose avec la création d’Alan Moore et Steve Bisette : l’imper. A tout moment j’ai cette impression qu’il va se retourner vers le lecteur, dire « aha vous n’êtes pas tombé dans le panneau quand même ? » et révéler via un sortilège qu’il est quelqu’un d’autre. Tout ca fait que je suis assez réservé sur cet épisode, d’autant qu’il est supposé introduire « The Blight », un sous-crossover de Forever Evil. Mais vu le rythme assez lent, assez vide, on ne peut pas dire que ca passionne. Cependant au delà de ces réserves j’aime bien les deux apparitions vers la fin, qui redynamisent un peu la chose (peut-être qu’une fois que le groupe dans son ensemble sera réunis on aura moins ce sentiment de vide). Et puis surtout il y a le dessin de Mikel Janin, qui emprunte un peu à du Kevin Maguire par moments et qui reste très agréable à lire.

[Xavier Fournier]