Necronomicon #4[FRENCH] Fin de la minisérie « lovecraftienne » qui relate dans quelles conditions le Necronomicon, ouvrage mythique s’il en est, fut traduit de l’arabe à l’anglais au début du XX° siècle. Le jeune traducteur, Henry Said, s’est retrouvé un peu malgré lui entrainé dans une véritable croisade contre les Dieux Anciens. Et maintenant que le final approche, il est en assez mauvaise posture…

Necronomicon #4 [Boom!] Scénario de William Messner-Loebs
Dessin d’Andrew Ritchie
Sortie américaine le 24 décembre 2008

Necronomicon #4Lancée comme une minisérie pleine de suspens et qui laissait beaucoup de place à l’imagination, Necronomicon a pris un ton beaucoup plus « visuel » dans le numéro précédent. Le mystère a cédé la place à des scènes beaucoup plus explicites, Henri et ses compagnons étant descendus chercher un des Anciens dans une cité interdite.  Et de même, ce quatrième épisode reste quand même plus « blockbuster movie » que l’idée que je me fais d’un récit à la Lovecraft. L’arrivée de fantassins Mi-Go, armes au poing et se déplaçant dans des vaisseaux spatiaux tient plus d’un passage de Star Wars ou même de Mars Attacks que la vision plus discrète qu’on s’en fait en lisant les romans d’origine. A plus forte raison parce que si les dessins d’Andrew Ritchie conviennent tout à fait pour évoquer l’ambiance de l’université de Miskatonic au début du XX° siècle, ils sont moins adéquats pour cette « débauche » virant vers la SF…

Du coup le récit y a perdu en intimité, au fur et à mesure qu’il se peuplait de ce qu’on pourrait appeler des « effets spéciaux ». Cela dit, il reste de la marge à William Messner-Loebs, qui a donné à Henry une certaine consistance. On s’y est attaché et même si le ton est désormais moins subtil, on a envie de le suivre dans ses pérégrinations. A plus forte raison quand on sait que tous les protagonistes ne sortent pas forcément indemnes de cette aventure. Quand tout est dit (ou écrit), il ne reste qu’une petite partie de la distribution… Et encore, deux tiers de ces survivants sont marqués de manière indélébile. En définitive la conclusion est donc un ton en dessous mais la minisérie dans sa globalité reste une lecture originale. William Messner-Loebs a su construire un certain contexte… Passé la question de la fidélité à l’ambiance de Lovecraft, les quelques personnages qui s’en tirent forment une galerie de portraits intéressants et je ne serais pas contre lire une autre mini suivant leur destin.

[Xavier Fournier]