[FRENCH] Jimmy Palmiotti et Justin Gray ont entre autres choses sur leur CV l’écriture d’un Jonah Hex mené de main de maître ces dernières années. Ils sont donc tout indiqués pour donner vie à ce dérivé en comics du jeu vidéo Deadlands. Vous ne jouez pas au jeu en question ? Moi non plus mais le récit est très autocontenu et donc ultra-compréhensible alors qu’on suit cet équivalent en jupon du Pale Rider…

Deadlands: Massacre At Red Wing #1 [Image Comics] Scénario de Jimmy Palmiotti & Justin Gray
Dessins de Lee Moder
Sortie aux USA le mercredi 20 juillet

Autant l’admettre tout de suite je n’ai aucune pratique du jeu Deadlands. C’est d’ailleurs plutôt un bon test pour s’engager dans ce one-shot puisqu’on se rend assez vite compte qu’on n’a pas besoin d’en savoir long pour se sentir à l’aise dans ce contexte. Une « sang mélée » pourvue d’étranges pouvoirs suit le cours d’une rivière en découvrant les villes détruites les unes après les autres ravagées par des démons. Mais la femme énigmatique arrive à « figer le temps », ce qui lui donne un avantage pour détruire les créatures en question. Et en cas de besoin elle peut toujours compter sur un chien « dur-à-cuire » nommé Hondo. Tout ça s’inscrit dans le cadre d’une revanche familiale, l’héroïne en question étant à la recherche de sa mère, qui a été réduite à l’esclavage sexuel… Autant dire qu’il ne faudra pas compter sur la clémence de cette femme étrange…

Jimmy Palmiotti et Justin Gray nous mettent vite à l’aise dans ce récit où, pourtant, la superposition des choses surnaturelles et des « pouvoirs » ne facilite pas forcément l’acceptation du concept. Je veux dire par là que pas mal de scènaristes se prendraient les pieds dans ce piège et ne s’en dépatouilleraient pas. Au contraire les deux auteurs recentrent la chose sur un élément universel : la soif de vengeance, la colère sans bornes. Bien évidemment l’héroïne n’aurait pas pu être interprétée par Clint Eastwood (ou alors bonjour le maquillage…) mais il y a quelque chose dans ce sentiment, dans cette ambiance, qui la rapproche de certains rôles de l’acteur (L’Homme des Hautes Plaines ou Pale Rider). Malgré les démons et le surnaturel, malgré le fait d’ignorer totalement le jeu-vidéo qui a donné naissance au concept, on se sent assez vite à l’aise avec Deadlands: Massacre At Red Wing. Au point de regretter que ce ne soit qu’un one-shot et pas une mini (du coup, le récit n’a pas véritablement de fin en soi). Niveau dessin, j’aurais sans doute préféré quelque chose d’un peu plus expérimental que Lee Moder, très « premier degré » dans sa représentation, mais le resultat global reste efficace…

[Xavier Fournier]