cbgrider20.jpg[FRENCH] Poussons un petit cocorico pour l’arrivée d’un frenchie sur les aventures du Motard Fantôme. Cette semaine sort en effet cet épisode dessiné par notre compatriote Roland Boschi. Mais c’est aussi le numéro qui marque le début d’un nouveau scénariste sur le titre. Après Wolverine, Jason Aaron fait décidément des étincelles cette semaine chez Marvel. Et comme en plus la prestation de Boschi est très novatrice…
Ghost Rider #20 [Marvel]

Scénario de Jason Aaron
Dessin de Roland Boschi

Sortie aux USA le 13 février 2008

Autant le dire tout de suite, ce n’est pas parce qu’un dessinateur français fait désormais partie de l’aventure que je vous parle automatiquement de Ghost Rider cette semaine. J’ai le vague souvenir d’avoir croisé Roland Boschi (avec le reste de la Comic Box Team) à Angoulème il y a un peu moins d’une dizaine d’années et en tout état de cause pas assez pour jouer la carte du « chouchou ». Je ne peux même pas dire que j’avais spécialement mémorisé son style et de toute façon ces derniers mois je n’ai fait que survoler la série Ghost Rider, la suivant tout au plus pour savoir ce qui s’y passait, sans vraiment m’y intéresser.

Non, j’ai commencé à lire cet épisode sans avoir spécialement décidé d’en faire une note de lecture et puis là, la surprise à deux niveaux. Visuelle d’abord (forcément, c’est ce qui saute aux yeux avant tout). Je ne dirais pas à grand coups de superlatifs que Boschi devient le nouveau Hitch, ce serait faux. Mais il arrive à donner un ton très personnel à la série, bien moins super-héros, lorgnant sur le ton Vertigo. Le dessinateur s’autorise quelques raccourcis de perspective intéressants et livre du coup un travail qui n’a rien d’interchangeable. Il créé une ambiance et, pour un artiste fraîchement arrivé chez Marvel, c’est bien plus que j’en attendais à ce stade. Le temps de se dire qu’il y va fort avec une infirmière au décolleté un peu trop « Image 90’s » et paf, Boschi la fait suivre par une collègue qui aurait bien plus sa place dans un Hitman ou quelque chose du genre.

L’autre double effet « Ghost Rider cool », c’est le scénario de Jason Aaron qui, par moment, canalise un peu certaines recettes de Garth Ennis. La société secrète des infirmières en furie, par exemple, c’est bien quelque chose qu’Ennis aurait pu nous sortir dans Preacher par exemple. Le tout donne une ambiance un peu folle et délirante. Bonne pioche aussi pour les scènes où le Ghost Rider soumet quelqu’un à son regard mystique avant qu’on s’aperçoive que Johnny Blaze révait tout éveillé puis que le tout soit suivit d’un autre coup de théâtre. En définitive ce n’est qu’un épisode et il appartiendra de voir si l’histoire tout comme les images arrivent à maintenir le cap dans les mois qui viennent… J’irais même jusqu’à dire que – comme tout travail très typé – il y en a que cela laissera froid et qui ne rentrerons pas du tout dedans ce ton, se demandant un peu ce que j’ai pu lui trouver mais l’épisode en question se résume en un mot: « personnalité ».

Maintenant, la tâche qui attend la nouvelle équipe créative est plutôt lourde: là où Texeira pouvait s’appuyer sur sa légimité sur le personnage, où Daniel Way pouvait se targuer de la notoriété glanée par ailleurs sur Wolverine, les deux nouveaux sont moins connus de l’audience américaine et héritent de ventes qui marquent un peu le pas. Je ne sais donc pas trop si on doit s’attendre à voir un jour un Ghost Rider #50 sur ce volume (remarquez, je ne me demande qu’à me tromper). Mais si les épisodes suivants sont du même tonneau, cela vaudra le détour…

[Xavier Fournier]