Review: Venom

Review: Venom

3 octobre 2018 Non Par Pierre Bisson

Mercredi prochain sortira Venom, premier film du Spider-Verse de Sony… sans Spider-Man. Mais mme le Tisseur naurait pu sauver ce long-mtrage sans vraie direction et qui nvite pas les clichs pendant un peu moins de deux heures.

SOMBRES ORIGINES

Avec Avi Arad la production et Ruben Fleisher la ralisation, ctait loccasion pour Sony de rhabiliter le personnage de Venom, aprs un second rle mdiocre dans Spider-Man 3 de Sam Raimi. On retrouve Eddie Brock (Tom Hardy), install prsent San Francisco (son pass de new-yorkais est brivement voqu), chroniqueur mdia a la Edwy Plenel. Habitu dnoncer les choses, il se voit contraint de la jouer profil bas pour interviewer Carlton Drake (Riz Ahmed), une sorte de Elon Musk, convaincu que la conqute spatiale sauvera la plante. Malheureusement, Eddie nen faisant qu sa tte, frappe l o a drange et voque dtranges expriences mortelles au sein de la Life Foundation. Cette bourde lui cote son boulot et aussi celui de sa fiance, Ann (Michelle Williams), avocate de la Life Foundation. Les mois passent et Eddie a du mal joindre les deux bouts. Il saute donc sur loccasion de prouver ses dires en entrant en douce dans les labos. Il va y trouver un symbiote extraterrestre qui se greffe au malheureux. Ils deviennent Venom et vont tenter de sauver l’humanit.

NOUS SOMMES… DES LOOSERS

Cest ainsi que le symbiote dcrit la situation dEddie et la sienne. Do le mariage parfait entre les deux tres. Ici pas de haine commune envers un certain Tisseur de toile, mme si les origines d’Eddie et du symbiote se permettent le « name dropping » d’lments des comics. Tom Hardy incarne Eddie Brock/Venom. Lacteur a la lourde tche de jouer un homme qui a limpression de devenir fou lorsquil entend une voix dans sa tte et daccepter finalement dtre possd par un alien. Les nouvelles origines de Venom nincluant pas Spider-Man, Eddie doit, comme le spectateur, apprendre connatre son parasite. Un lment intressant au dpart puisque mme dans les comics, il est rarement voqu les premiers instants de fusion entre Eddie et le symbiote (on pense quelques pages dans Venom: Dark origins, notamment). On a toujours eu limpression que lex-journaliste navait eu aucun mal accepter la prsence dun tre vivant dans sa tte. Ici, Eddie doute, se fait littralement contrler par Venom (oui, cest le nom du symbiote dans le film). Accepteriez-vous si facilement ce qui lui arrive ? Tom Hardy sen sort pas trop mal jouer ce ct Jekyll et Hyde. Mais, dans quelques scnes (surtout celle du restaurant), il en fait un peu trop. Cest dommage car visuellement, Venom est russi. On est loin du Spider-Man sombre et maigrichon de SM3. Venom est grand, froce et avec un visage expressif en images de synthse trs russi.

PLEURER OU RIRE, IL FAUT CHOISIR

Lun des gros dfauts de Venom, cest le ton choisi par le ralisateur… ou plutt le manque de style franc. On lvoquait, les situations de conflits entre Eddie et le symbiote amnent quelques moments curieux. On ne sait pas si le rire est voulu ou nerveux. Venom ne va jamais dans le dlire corrosif dun Deadpool. Ok, cest violent mais part quelques os qui craquent, rien de bien effrayant. Le hros dvore certains ennemis mais cest toujours hors-camra. Certes, on dira que le film est interdit aux moins de 12 ans et non 18 comme Deadpool ou encore Logan (pour voquer des hros borderline). Mais mme un changement de classification naurait pas sauv ce manque de parti pris. Et mme si dans les productions Marvel Studios, lhumour a pu en rebuter plus dun, il est souvent compenser par des moments de bravoures russis. Ici, mme laction est brouillon. Le combat final est inefficace car Venom souffre du syndrome : mon ennemi, cest moi en plus mchant (quon retrouve dans le premier Iron Man ou Ant-Man). Et quand on voit ce que Sony suggre pour une ventuelle suite, ce nest gure mieux…

UNIVERS COMMUN

Car lintention de Sony, cest bien de construire un univers autour des personnages annexes de Spider-Man sans pouvoir lutiliser (pour le moment du moins). cet effet, deux scnes post-gnriques annoncent la couleur. La premire est prvisible mais, encore une fois, fait  un peu cheap. Affubler un acteur bankable dune perruque nen fait pas un personnage russi. Il est trop pour juger (avec 30 secondes dapparition) mais on doute de le voir un jour plus dvelopp dans une suite qui semble compromise. La scne finale (a la toute fin du gnrique) est par contre trs encourageante pour le prochain film estampille Sony/Spider-Man sortir en dcembre prochain. De quoi mettre vous faire saliver…

Venom a du mal convaincre. Si les fans des comics pourront y trouver un petit quelque chose, les autres nadhreront pas lambiance gnrale du long-mtrage. En retard par rapport aux autres productions de super-hros, on a limpression de voir un film daction des annes 1990. Dommage car au vue du casting et du design du personnage, il y avait de quoi faire.

[Pierre Bisson]