Simon Baz et Jessica Cruz sont les deux Green Lanterns qui protègent la Terre. Après une demi-douzaine d’épisodes passés à affronter des ennemis désormais classiques du Green Lantern Corps (à savoir les Red Lanterns), la série s’intéresse finalement à qui sont les deux personnes possédant les anneaux verts, d’où une tranche de vie plus humaine

Avant-Première VO: Review Green Lanterns #7Green Lanterns #7 [DC Comics]
Scénario de Sam Humphries
Dessins de Ronan Cliquet
Parution aux USA le mercredi 21 septembre 2016

Simon Baz a désormais un bras dans le plâtre mais il ne peut fuir ses responsabilités, à savoir sa famille. De l’autre côté sa partenaire Green Lantern, Jessica Cruz, a des crises d’anxiété dès qu’elle est obligée de faire de faire face aux autres. Si bien qu’entre le type sociable, dans une logique familiale et la solitaire il y a un équilibre à trouver. Et c’est plutôt bien vu de la part de Sam Humphries d’explorer ce côté « vie civile » des deux héros car il faut bien dire que les différentes séries Green Lantern, absorbées par les guerres entre les couleurs d’anneaux, ont prêté assez peu d’attention à ce côté terrestre depuis le moment où Hal Jordan avait été débarqué du Corps, au moment du reboot de 2011. La récente série Green Lantern nous a bien proposé, vers la fin, une réunion de la famille Jordan mais c’était surtout pour que le protagoniste s’épanche sur le fait qu’étant devenu surpuissant il ne pouvait plus guère avoir une vie normale. Rien de comparable au repas que Simon Baz tente de préparer dans ce numéro. Par la même occasion le fait que Simon Baz ait des origines libanaises avait été abordé pendant deux épisodes suivant son introduction puis, plus rien… C’est là aussi une séance de rattrapage bienvenue. Car à quoi bon créer des personnages supposés proposer une plus grande diversité si c’est pour passer sous silence leurs caractéristiques.

« If you wanted to run away, I was good to go twenty minutes ago ! »

Inversement, si Sam Humphries va dans le sens de Rebirth et privilégie les relations humaines, on peut dire que par endroits il va vite en besogne. Comme le neveu de Baz qui désormais considère Jessica comme sa tante, alors qu’en théorie Simon et elle n’en sont pas à cette proximité et se connaissent à peine. Et dans le même ordre d’idée les deux Green Lanterns ont un peu trop de facilité à enfiler leur costume pour fuir leurs responsabilités sociales. On comprendra qu’il s’agisse de nous dire que Simon l’affable et Jessica l’anxieuse ne sont pas si différents que cela, mais se ruer dans le ciel dès qu’on n’arrive pas à faire un gâteau, c’est un peu comme si quelqu’un sautait sans sa voiture pour rouler sans but dès qu’il a un problème en cuisine. De son côté Ronan Cliquet dessine assez bien ces scènes de vie, avec un petit côté Jim Cheung à ses débuts. Le tout débouche sur une scène débordant de bons sentiments, où les questions se joue sur le goût d’un biscuit. Mais en même temps l’épisode nous propose au final un héros qui n’est pas un orphelin sauvage vivant dans une cave ou je ne sais quoi, qui nous épargne les mensonges à Tante May et ainsi de suite : un héros au sein d’une famille, ce qu’on ne voit pas si souvent dans les comics de super-héros.

[Xavier Fournier]