Comic Box Virgin #47 - Freddie & Moi[FRENCH] Quand Leonard Cohen s’est enterré dans un monastère j’ai eu très peur de ne jamais pouvoir le voir en concert, alors je comprends bien ce qu’a dû ressentir Mike Dawson quand Freddie Mercury est mort avant qu’il puisse assister à une de ses performances live.

Freddie & MoiOn a tous une bande son qui a accompagné nos meilleurs moments. Dans le cas de Dawson, elle est exclusivement composée par Queen. Freddie et moi ne traite ni d’homosexualité (le protagoniste, hétéro, découvre très tard que Mercury est gay) ni de velléités musicales (depuis son plus tendre âge l’auteur a voulu s’exprimer via la BD). Ce roman graphique de 300 pages est au fond un doux enchaînement de souvenirs absolument banaux, un récit qui capture des images et des notes (par dessus toutes celles de Bohemian Rapsody, d’où le sous-titre). Dawson y pense et « toute sa vie lui revient »: ses grands-parents regardant un clip de Freddie avec lui, les disputes avec sa sœur Sarah fan de George Micheal, les fantasmes d’assurance épique pour se jeter à l’eau avec une fille, un moment avec sa mère après les funérailles de sa grand-mère…

Dawson ne s’inscrit donc pas du tout dans le filon de l’hommage à l’idole exploité récemment par des films (pourtant riches en deuxièmes degrés) comme Jean-Philippe ou Looking for Erik. Le lecteur n’apprendra rien des faits et gestes de Freddie Mercury et les non adeptes du groupe pourront donc lire aisément cette BD.

Les non adeptes d’Alex Robinson aussi. Le jeune dessinateur, ici à son premier livre d’une certaine envergure, a été en effet comparé à l’auteur eisnerisé et angoulemisé pour son De mal en pis (qu’on trouve également chez Rackham), les deux faisant partie du collectif Ink Panthers Comics.

[Camilla Patruno]