Spider-Man et le Superior Octopus ont convenu d’une trêve à l’issue d’Amazing Spider-Man #800. Mais quand les « web-warriors » débarquent d’autres mondes, c’est sans le Parker classique. Alors qu’ils veulent empêcher le retour des Inheritors, le manque de communication entre Otto et eux va avoir des conséquences catastrophiques. Spider-Geddon est enclenché…

Spider-Geddon #1Spider-Geddon #1 [Marvel Comics]
Scénario de Christos Gage
Dessins de Jorge Molina
Parution aux USA le mercredi 10 oct 2018

Spider-Geddon pourrait aussi bien s’appeler Spider-Verse II tant ce crossover est la suite directe de l’autre, paru il y 5 ans, qui avait en son temps réorganisé les spider-titres (le lancement des mensuels Spider-Woman, Silk, Spider-Gwen et autres…). Les choses sont claires d’emblée. La recette est la même et on reprend les mêmes adversaires. Ce n’est pas forcément une mauvaise chose puisque d’emblée on a une promesse scénaristique limpide, promesse qui est tenue au moins pour ce premier épisode. Ce qui est plus étonnant c’est que Spider-Geddon commence en laissant Peter Parker de côté. On comprend que d’un côté Christos Gage veut évacuer l’éléphant dans la pièce, pour laisser plus de place aux autres Spider-Men (il sera toujours temps d’impliquer Pete plus tard). Mais sur un autre plan, cela n’a pas grand sens que les Web-Warriors aillent demander à Miles, qui est sans doute le Spider-Man de cette dimension qui a le moins d’expérience avec le Doctor Octopus. Pas forcément la décision la plus judicieuse pour parlementer avec ce cher Otto et, à partir de là, les choses vont dégénérer (sinon ce ne serait pas un crossover). Gage commence par montrer qu’il ne « plaisante » pas en sacrifiant plusieurs des héros… encore qu’on attende un peu avant de verser les premières larmichettes émues. Mourir à quelques mètres d’une machine à ressusciter, on a vu d’autres héros revenir de contextes bien pires que cela, non ? Ce premier épisode va à l’essentiel, en ramenant la menace et en posant la problématique : les Web-Warriors survivants ne sont pas assez pour les arrêter, et il faudra, bien sûr, passer par le recrutement déjà ébauché dans Spider-Geddon #0.

« What have I done… »

Aux dessins, Jorge Molina s’empare du récit et donne quelque chose de léger et de contenu. Son trait est régulier et dynamique. Encore qu’on note que la plupart du temps il traite les combats en dehors de la case ou en ombres chinoises. Il privilégie les attitudes d’exposition, ce qui fonctionne bien avec ce numéro où il faut réintroduire un certain nombre de personnages et où, on l’a dit, la mort de certains d’entre eux peut être sujette à caution. Cependant, si la technique se répétait dans les numéros à venir elle aurait pour effet d’escamoter une partie de la tension. Pour l’heure, fonctionnant très bien avec les couleurs de David Curiel, il nous donne un chaos maitrisé, où l’on ne perd pas le fil de qui est qui, qui fait quoi. Spider-Geddon démarre plutôt bien mais tout dépend du souvenir que vous avez gardé de Spider-Verse. Selon que ce précédent crossover vous avait satisfait (ou pas), selon que vous aimiez (ou pas) les Amazing Spider-Man de Dan Slott (bien qu’il ne soit pas à la barre, il est crédité ici pour avoir été à la base de l’origine), vous vous retrouverez (ou pas, donc) dans ce Spider-Geddon. Reste à voir maintenant comment les cartes vont être redistribuées et quels spider-héros seront bien portant à la fin du récit.

[Xavier Fournier]