Avant-Premire VO: Review Shazam #1

5 décembre 2018 Non Par Xavier Fournier

Captain Marv… Shazam, pardon, fait son grand retour dans l’univers DC aprs la rinvention trs populaire de Geoff Johns et Gary Frank il y a quelques annes… Mais aussi, depuis, une longue priode d’clipse. Billy Batson et sa famille adoptive faisant l’objet d’un film en 2019, DC Comics se motive enfin pour donner au(x) hros leur premire srie rgulire depuis plus de vingt ans. Et beaucoup de choses restent encore dcouvrir. Magique et fun ?

Shazam #1Shazam #1 [DC Comics]
Scnario de Geoff Johns
Dessins de Dale Eaglesham et Mayo Nato
Parution aux USA le mercredi 5 dcembre 2018

Fut un temps o le hros en rouge et or dsormais nomm Shazam tait le principal concurrent de Superman et aussi l’un des premiers super-hros arriver au cinma. Le public actuel peine sans doute remettre la chose dans le contexte mais qu’on l’appelle Captain Marvel (son nom d’origine) ou Shazam, l’alter-ego de Billy Batson a du potentiel pour tre un protagoniste majeur des comics (la meilleure preuve tant… qu’il l’a dj t). Pourtant, depuis son reboot en 2012, Shazam n’a pas forcment t une priorit pour DC Comics, malgr le fait que les histoires de Geoff Johns et Gary Frank, en back-up de Justice League, avaient rencontr un grand succs d’estime. Sans doute que l’diteur voulait d’une part attendre, ne pas « user » le personnage en le relanant trop de temps avant son film et qu’il s’agissait aussi d’attendre qu’un Geoff Johns, justement occup par divers projets au cinma, puis trouver le temps de s’en occuper. Entretemps le mme scnariste aura un peu utilis Shazam dans ses pisodes de Justice League mais on n’avait plus aperu le hros depuis l’instauration de Rebirth. Un paradoxe puisque s’il est un personnage qui personnifie le retour l’innocence et l’optimisme (deux grands fils directeurs de Rebirth), c’est bien Shazam. Cette semaine, donc, Batson et sa bande revienne au premier plan dans les comics. A dfaut de Gary Frank au dessin, c’est un autre ancien compre de Johns, Dale Eaglesham (ancien dessinateur de Justice Society of America) qui s’occupe de la mise en image. Sans jeu de mots, autant dire que la magie opre rapidement. On nous claire sur ce que Billy et sa bande ont fait depuis leur disparition des comics. Et on mesure le chemin qui reste parcourir. Comment se choisir un nom de code, par exemple (encore que Billy ne se posait pas la question quand il tait dans les rangs de la Justice League), comment l’tendre tout un groupe ? Parce que si Captain Marvel est dsormais Shazam, comment qualifier l’ex-Mary Marvel ? Mary Shazam ? Et les autres ? Plus largement, Geoff Johns joue fond la carte de la Terra Incognita, en montrant qu’il y a beaucoup de choses que les jeunes hros n’ont pas encore dcid ou pas encore dcouvert (y compris au niveau mme de l’existence de la magie dans l’univers DC).

« I’ve come to see Billy. »

Si d’aventure vous cherchez un titre pour entrer dans l’univers DC (ou si, plus simplement, vous tes fatigus d’une continuit parfois un peu trop pressante), Shazam s’impose d’emble comme celui qu’il vous faut. Les hros sont neufs, positifs et, en tout cas ce stade, ne passent pas leur temps promener leurs traumatismes et leur mal d’tre. A l’heure o la mme hauteur importe dans le monde de DC certains lments cyniques des Watchmen, dans Doomsday Clock, il est intressant de le voir induire comme un mouvement de balancier. Geoff Johns pose des bases, parfois de manire subtile (la visite du muse lui permet de dgager un peu le mme discours politique que dans le numro de Doomsday Clock qui sort aussi cette semaine), parfois moins (la mission d’exploration de la magie qui s’annonce). Et le « cliffhanger » final semble lorgner un peu sur des choses que Jerry Ordway avait utilis dans la prcdente srie Power of Shazam, dans les annes 90. Enfin, le scnariste s’intresse aussi aux « origines » des autres membres de la famille d’adoption de Billy, avec une back-up dessine par Mayo Nato. Globalement, c’est un bon numro de reprise de contact avec la Shazam Family (ou la « Lightning League », si vous prfrez) et cette notion d’exploration de la magie pourrait faire de la srie l’quivalent occulte de ce que le Green Lantern de Johns a t pour la partie « cosmique » de DC. Reste voir si le scnariste restera vraiment sur la dure et s’il ne sera pas happ par d’autres activits. Ce serait dommage que ce renouveau de Shazam ne dbouche que sur un arc ou une douzaine de numro.

[Xavier Fournier]