Matthew Rosenberg et Adam Gorham reforment les New Mutants, en vue d’une actualité cinéma qui, finalement n’a plus de raison d’être. Magik devient le boss du groupe tout en conservant son côté cynique. Le scénariste surfe finalement assez dans la lignée d’un Chris Claremont mais puisqu’on parle de « Dead Souls », le dessin, lui, peine à donner un peu d’âme à tout ça.

New Mutants: Dead Souls #1New Mutants: Dead Souls #1 [Marvel Comics]
Scénario de Matthew Rosenberg
Dessins de Adam Gorham
Parution aux USA le mercredi 14 mars 2018

A presque chaque fois qu’un film se profile à l’horizon, Marvel profite d’un effet d’appel espéré pour relancer les personnages concernés autour d’un numéro 1, qu’on parle d’Amazing Spider-Man, Deadpool ou des Avengers. A n’en pas douter cette minisérie New Mutants était pensée pour capitaliser sur le film de la Fox mais le studio a joué un sale tour à l’éditeur en décalant presque à la dernière minute la sortie jusqu’à l’an prochain. Reste donc une minisérie lancée en production sans capacité de faire marcher arrière et qui lorgne ouvertement sur le côté horrifique que le film New Mutants semblait mettre en avant. Sans nous rejouer précisément la saga du Demon-Bear, Matthew Rosenberg arrive à retrouver beaucoup de la tonalité de Claremont quand il mesurait ses mutants à des éléments sombres/démoniaques. Même si les scénaristes ont une écriture différente (moins verbeuse pour Rosenberg), c’est d’ailleurs à se demander si Marvel ne le considère pas comme un Claremont de substitution, après lui avoir confié la résurrection de Jean Grey. Là où la reconstitution se fait un peu plus curieuse, c’est dans le casting même du groupe. D’une part un certain nombre de New Mutants historiques sont occupés ailleurs (Sunspot et Cannonball dans les pages des Avengers) et d’un autre côté, pour mettre en avant Illyana, Rosenberg ne semblait pas vouloir avoir dans les pattes une Moonstar. Pas de Cypher ou Warlock au programme non plus. C’est plutôt un groupe composite, avec un sentiment de « on fait avec les invendus ». Car si Boom-Boom ou Rictor ont été membres des New Mutants dans la dernière moitié de la série initiale, rajouter Strong Guy ou Prodigy, utiliser Karma mais en retrait… tout cela fait un peu aléatoire. On peine à voir pourquoi Magik ressentirait le besoin de travailler avec certains d’entre eux plus que, mettons, certains des nouveaux élèves mutants introduits pendant l’ère Bendis. En fait le groupe ressemble à une sorte de puzzle à mi-chemin entre les New Mutants et le X-Factor de Peter David. Même la privatisation du groupe sonne plus comme ce que David avait produit au moment de Serval Industries. Mais finalement, Rosenberg passe quand même au forcing, en mettant en avant l’ambiance plus que les figurants.

« Let’s do the big super hero thing. »

Le problème, c’est que le script n’est pas mis en image par un Bill Sienkiewicz ou par quelqu’un comme Mike Del Mundo, un artiste qui pourrait symboliser la volonté de Rosenberg de procéder à une sorte d’hommage/mise à jour de ce qu’on pouvait lire dans New Mutants vol.1 aux alentours du #20. Adam Gorham est en un sens trop factuel, trop premier degré. Si bien que lors de certaines situations où le scénario veut aller dans la direction d’un non-sens (la scène du chat par exemple), qui fonctionnerait assez bien dessiné de manière psychédélique, le représenter dans un registre réaliste étouffe l’âme du script. C’est le dessin qui fait qu’au lieu d’une vraie résurrection des New Mutants on a l’impression de lire une énième minisérie. Dommage parce que le script avait du potentiel.

[Xavier Fournier]