Comme il n’est plus à une série près, Spider-Man se paie le luxe d’être le héros d’un nouveau comic book. À ceci près que cette aventure se passe dans le passé, à l’époque du « costume noir ». Et pour commencer quoi de mieux que d’affronter Mysterio, le vilain qui affrontera Spidey dans sa prochaine aventure ciné ? Alors mauvaise idée ou bonne surprise ?

Symbiote Spider-Man #1 [Marvel]
Scénario de Peter David
Dessins de Greg Land
Parution aux USA le mercredi 10 avril 2019

Petit retour dans le passé de l’Araignée. Se passant quelques semaines après la saga des « Guerres Secrètes » (qui date des années 80), cette série permet un « nouveau départ » pour les lecteurs novices. Tout commence entre une altercation entre Spider-Man et Mysterio. Une nouvelle fois au tapis, Mysterio se rappelle la manière dont il en est arrivé là. Et ce n’est pas beau… Le vilain est considéré comme un has-been par la profession et ses amis. Il se dit qu’il est temps de frapper fort une bonne fois et de se retirer. Mais les choses ne se passent pas comme prévu et il brise l’une de ses plus grandes règles morales. De son côté, Peter Parker (alias Spider-Man) jongle entre sa vie privée et sa vie de justicier. On revient à l’époque où Peter n’était pas en couple avec Mary Jane mais avec Felicia Hardy, voleuse/justicière sous le masque de Black Cat. La jeune femme s’intéresse plus à l’alter-ego de Peter qu’à sa vie civile banale. Mais pour une fois, elle fait un effort et décide de passer « une journée dans la vie de Peter ». Et, sans le vouloir, elle a choisi un jour bien particulier pour les Parker… On peut se demander si une nouvelle série avec Spidey en vedette était bien nécessaire. Mais Symbiote Spider-Man a l’avantage de ne pas nécessiter de connaître les dernières aventures du héros pour comprendre la situation. Par ailleurs, la série ne joue pas non plus sur le côté « old school ». Si vous n’avez jamais entendu parler du costume noir extraterrestre de Spidey (et ça serait étonnant), pas de problème. Le héros fait un résumé en cinq minutes de la provenance dudit costume. Peter David est l’un des scénaristes les plus « anciens » de la Maison des Idées. Il cadre parfaitement avec l’ambiance et nulle doute que la série sera truffée de références à l’histoire de Marvel (même si ici il s’amuse à faire une référence au Batman de Tim Burton) . Si l’utilisation de Mysterio semble « facile » puisqu’il sera aussi l’ennemi de Spidey dans le prochain film de Marvel Studios et Sony, on plonge dans la psychologie du personnage.On n’avait pas vu autant de bulles de pensées depuis longtemps dans un comic book. Quentin Beck a conscience d’être un méchant de seconde zone. Il n’a jamais rien fait de spectaculaire et se fait toujours battre par les héros de New York. Cependant, les événements de ce numéro vont changer la donne. Le plan de Peter David pour Mysterio se rapproche un peu de ce qu’avait fait Kevin Smith dans Daredevil en 1998. Mais ce qu’il se passe ici laisse à penser que Mysterio a laissé les choses déraper dans Daredevil

« Parker!!! Rent !! »

Peter David s’associe à Greg Land. L’artiste au style très réaliste alterne les très bonnes pages et les pages plus moyennes. On se demande d’ailleurs si certaines pages ne sont pas dessinées par un autre, tellement le style est différent. Mais non, c’est bien lui tout du long. Malgré tout, l’ensemble est très agréable à voir et la composition des pages permet rentrer facilement dans l’histoire. À noter que Land dessine des bâtiments new-yorkais qui étaient « tabou » et qu’on avait pas revus jusqu’à aujourd’hui.

Symbiote Spider-Man est donc une surprise sympathique. Si la partie « symbiote » est pour l’instant très mince, la fin de l’épisode nous promet une plus grande exploitation du costume noir.

[Pierre Bisson]