Walking Dead S04E08[FRENCH] Avec de nouvelles troupes fraiches et qui lui font confiance, le Governor s’attaque à la Prison. Il a toutes les cartes en main : un blindé, une troupe motivée et des otages. En face ? Rick et les siens n’ont pas une chance. Une page se tourne dans Walking Dead. Qui plus est une page pour le coup bien connue des amateurs de la BD.

Nobody dies ?

Après deux semaines passées au côté du Governor, on avait presque oublié certaines choses liées à la vie des gens de la prison. La convalescence après l’épidémie, bien sûr, mais aussi les retombées du geste de Carol. Rick doit mettre au courant Daryl de l’exil imposé à Carol, il doit aussi parler à Tyreese. En théorie les mauvaises choses (enfin en dehors des rodeurs zombies) font partie du passé et la communauté peut espérer se recentrer, panser ses blessures. Si ce n’est, bien sûr, que c’est à ce moment-là que le Governor vient frapper à leur porte. Et le mot « frapper » est on ne peut plus approprier… Ne pourraient-ils pas vivre ensemble après tout ? La Prison est assez grande pour les deux groupes… Et le Governor se présente – peut-être – comme un homme changé. Mais Michonne et Herschel vont avoir l’occasion de tester tout ça…

Walking Dead S04E08

This means war !

Les scénaristes et producteurs du show envoient ici un message clair à ceux qui se plaignent que la série TV s’est trop éloignée de la BD. Voici un véritable « rendez-vous », un carrefour de l’histoire que tout le monde reconnaîtra. Il est même fascinant de regarder comment le feuilleton peut prendre des chemins de traverse puis revenir, en l’espace de quelques dizaines de minutes, vers une situation connue. Oui, ce ne sont pas les mêmes gens qui meurent au même moment mais on se rend compte que les « postes » sont transférés. Il y a un effet de chaises musicales qui fait qu’on reconnaît certaines fonctions mais sous d’autres prénoms. A partir de là, oui, il est évident que la série TV de Walking Dead ne suit pas religieusement case après case la BD. Mais les sorties de routes qu’elle s’accorde permet finalement de consolider certaines choses (on a pu le voir ces deux dernières semaines, avec l’attention portée au Governor). Et au final surgissent un ensemble de scènes diablement familières. Adaptation mot à mot ? Non, mais après un tel épisode on ne peut très certainement pas dire que la série serait une trahison de la BD.

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Lost Generation

Cette fin de saison… non, pardon, cette fin de mi-saison envoie la sauce. D’ailleurs en un sens elle évoque beaucoup le sentiment de panique et de perte de la fin de la deuxième saison. Encore qu’en termes de mise en scène on aurait aimé que certains passages soient mieux portés (les gens de la prison sont filmés de manière très factuelle, sans gros effort de cadrage). Les uns tirent leur révérence tandis que les autres montent en puissance (je pense en particulier à l’ex-classe de Carol, qui démontre que Carl n’est plus que le seul gosse bousillé de la série). Au milieu, dans le chaos, il y a aussi des personnages que les auteurs s’appliquent à mettre dans une position flou, peu déterminée, dont on se demande dans quel état on va le retrouver. Comprenez par là non seulement leur santé mais aussi leur état d’esprit. Allons-nous les retrouver avec Rick ou en face de Rick à l’avenir ? La question reste ouverte.

Walking Dead S04E08

Total WipeOut

Ce que la série TV retranscrit bien, finalement, c’est le sentiment de destruction de Rick. Une destruction à deux niveaux. D’abord il ramasse sur le plan physique (bon allez, pas de tranchage de main à l’horizon, on vous le dit de suite). Et puis à bien des égards Rick perd à deux reprises son cœur dans cet épisode. Son âme est écrasée sous ses yeux. Et si le groupe est son corps, alors le voici lui aussi explosé. Walking Dead passe ici un palier et referme réellement un début de saison beaucoup nerveux et dense que les années précédentes. Avec cette conclusion, les auteurs s’offrent de quoi repartir sur de nouvelles choses. La seconde moitié de saison sera forcément un animal entièrement différent. Ce qui peut être une bonne ou une mauvaise chose, nous le verrons en février prochain…

[Xavier Fournier]