[FRENCH] Walking Dead épisode 4 a été diffusé hier aux USA, soit un segment qui tente de ménager à la fois le côté intrigue entre vivants et action (combat contre les zombies) et qui s’en tire pas trop mal, malgré quelques flottements dans la réalisation et une ou deux scènes quand même un peu artificielles.

Rick et le reste de son « détachement » sont donc coincé en ville, revenus en arrière pour récupérer un des leurs, « oublié » sur un toit, menotté avec une scie à portée de la main. Maintenant que l’objet de leur « opération de secours » s’est évaporé après s’être scié la mimine, le quatuor tente de le suivre à la trace et, au passage, se dit que ce serait sans doute bien de ramasser au passage les fusils que Rick avait laissé tomber en pleine rue à la fin du premier épisode. L’ennui pour les héros c’est que dans Walking Dead les choses se passent rarement comme prévu. Le plan simple va dégénérer, tandis qu’au camp, un des autres survivants inquiète le reste de sa troupe en creusant sans raison…

Le troisième épisode avait été un peu en deçà des attentes et la production nous propose ici un chapitre qui tente de nous donner tout autant de l’action que détailler les relations entre humains. Par moment on y arrive, dans d’autres passages c’est beaucoup plus laborieux. A commencer par le prégénérique qui est sans doute le plus « faible » depuis le début de la série (qui, franchement, ne pouvait pas voir venir que les trous serviraient in fine à des tombes ?). Puis dans les premiers moments où on voit Rick et ses compagnons d’infortune dans la ville, je trouve que la réalisation part curieusement un peu en vacance et me fait plus penser à un low-budget comme Warriors. Oh, bien sûr, on n’oublie pas de nous montrer un zombie décomposé (et vite calmé à coups de flèches) en gros plan pour nous réveiller. Mais la technique devient rengaine et même les personnages semblent blasés. Ceci dit – on y reviendra plus tard – je ne suis pas sur que cette ambiance « blasée » ne soit pas là pour nous induire dans un faux sentiment de sécurité, mettant d’une certaine manière en place les dernières scènes.

Arrive en « perturbation » une autre faction de survivants et on sait que – dans le comic-book d’origine tout au moins – le scénario donne en général ses meilleurs aspects quand Rick Grimes est confronté à d’autres camps qui ne suivent pas les mêmes règles. Scénaristiquement, ici, ce n’est pas le problème mais là encore la réalisation trahit un peu la chose (quand la petite vieille débarque entre les deux groupes prêts à s’entretuer, franchement on n’y croit guère). Sur ces premiers points, donc, on aurait tendance à penser que la série a donné ce qu’elle avait de meilleur dans les deux premiers épisodes et qu’une fois passé le « côté choc », elle peine à renouveler ses effets ou, pire, que certaines choses un peu « grosses » apparaissent… Je me demande même si certains spectateurs qui ne connaissent pas le matériel d’origine ne vont pas s’imaginer que le creuseur de tombes a une sorte de don de voyance, qu’on serait donc dans quelque chose plus proche de The Stand de Stephen King avec son discours « métaphysique ».

Heureusement il y a la dernière partie qui, sans faire des étincelles en termes de cadrage, nous démontre que les personnages auraient tort de s’habituer à vivre dans un monde de zombies, de prendre leurs aises en pensant que les autres ne sont que des demeurés en transe qui ne courent pas assez vite pour les rattraper. Même si en un sens cette attaque de zombies ne surprendra pas les lecteurs les plus endurcis, elle démontre à tous que personne n’est à l’abri. Globalement je trouve que l’épisode rend de l’importance aux gens du camp, qui commencent à « exister ». Jusqu’ici ils n’étaient que le décor vivant qui entourait le triangle amoureux Rick/Lori/Shane. Plusieurs des autres réfugiés prennent du relief. Globalement l’épisode s’achève en me laissant une bien meilleure impression que les premières minutes. Mais nous sommes déjà aux deux tiers de la saison 1. Il reste donc deux épisodes à la série pour nous montrer de quel côté penche la balance…

[Xavier Fournier]