Review: Thor Le Monde Des Ténèbres

Review: Thor Le Monde Des Ténèbres[FRENCH] En 2011, lors de la sortie du premier film de Thor, nous en étions sortis avec un avis mitigé. On y trouvait certaines bonnes choses mais d’autres le plombaient. Deux ans plus tard Thor revient, il a changé de réalisateur mais il a aussi changé de stature. Clairement cette fois les enjeux sont plus denses, le rythme est plus soutenu. Le Monde Des Ténèbres nous donne un Thor (mais aussi une « supporting cast ») survitaminé !

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Le calme avant la tempête

Après l’attaque sur New York, les Asgardiens décident de statuer sur le sort du dieu maléfique Loki (Tom Hiddleston). Il est enfin puni pour ses mauvaises actions. Mais ce qui importe à Thor (Chris Hemsworth), c’est surtout le devenir de sa chère Jane Foster, restée sur Terre tandis que lui, à travers les neuf mondes d’Asgard, semble sur le point d’apporter la paix à l’univers. Mais si le futur semble lumineux, le danger semble bien se cacher dans le passé lointain. Il y a bien longtemps les Elfes Noirs régnaient et les dieux d’Asgard les ont écrasés, détruisant toute trace de cette race et cachant son arme la plus redoutable, l’Ether. Mais des évènements font que cette puissance maudite réapparait, réveillant du même coup les derniers Elfes, qui s’étaient cachés en attendant une telle opportunité. Malekith, le seigneur des Elfes Noirs, réveille alors son armée pour menacer aussi bien la Terre qu’Asgard. Et la patrie des dieux va prendre une sacrée leçon d’humilité. Alors oui, disons-le franchement, si vous voulez un film philosophique, une dramatique sur la nature humaine il faut bien souligner qu’on est ici dans un blockbuster assumé. Mais, par ce terme de « blockbuster », je ne veux pas dire l’habituelle excuse pour masquer des trous de scénarios gros comme des planètes (d’ailleurs je n’ai pas le souvenir d’erreurs aussi marquées que sur certains passages de Man of Steel ou d’Iron Man III). Je parle d’un grand spectacle dense, beaucoup plus riche que ce que le porteur de marteau nous avait proposé en 2011.

Thor Le Monde Des Ténèbres

Le Seigneur Noir

Toute comparaison avec d’autres films n’est cependant pas interdite car certains profils peuvent sembler familiers. Y compris au niveau des comics d’ailleurs. Malekith (Christopher Eccleston) est – les fans de la BD le savent bien – une création de Walt Simonson. Mais dans un premier temps ces Elfes Noirs font penser à d’autres choses. Et la moindre n’est pas des « Dark Lords of the Sith », avec une technologie sombre et des reflets rouges. Même les fantassins, quand ils tirent, reprennent la gestuelle des gardes de l’Empire dans Star Wars. Même l’Ether pourrait passer pour le fameux « Côté Obscur ». Malekith lui-même renvoie à un autre modèle. Il y a quelque chose du Général Zod dans ce personnage qui se met en hibernation alors que son monde est condamné puis qui revient pour détruire tout ce qui n’est pas sa culture. Les comparaisons s’arrêtent là cependant, d’autant que plus ça va, plus Malekith se rapproche du personnage des comics. Mais en un sens c’est secondaire. La menace est réelle (le géant Kurse est lui aussi de la partie), tangible, mais à un moment on se fiche un peu de ses motivations. Au final l’important est que l’armée des Elfes est plus imposante que les Chitauri et va donner du mal même à Asgard et à la famille d’Odin, marquée dans sa chair. Ceci dit Christopher Eccleston peine à rivaliser avec un Loki omniprésent et savoureux.

Thor Le Monde Des Ténèbres

Le Thor nouveau est arrivé !

Nous étions en effet sortis du précédent Thor avec un avis mi-figue/mi-raisin. Mais entretemps les règles ont changé et l’alchimie bien particulière entre Thor et Loki a été marquée par certaines scènes d’Avengers. Tom Hiddleston possède maintenant merveilleusement Loki, avec une gouaille manifeste (en particulier en tirant parti de l’apparition d’une guest-star surprise qui ravira les fans d’Avengers). Mine de rien c’est quand même le bad guy le plus utilisé dans les films des Marvel Studios et, clairement, il a gagné de l’épaisseur. D’abord parce qu’on voit bien qu’il ne déteste pas tout le monde, qu’il garde une âme… Ensuite parce que son niveau de dangerosité est d’autant plus palpable que son frère est forcé de rechercher une alliance avec lui. Mais plus globalement c’est tout Asgard qui a revue et corrigée, qui a gagné de la texture. Si quelques designs sont restés (surtout le trône d’Odin en fait), la ville des dieux est désormais un monde à part entière, avec une architecture plus convaincante et des installations qui tiennent plus de la SF (ce va assez dans l’esprit des premières années dessinées par Jack Kirby). Mis à part Hogun (utilisé surtout pour symboliser l’étendue de mondes d’Asgard), les compagnons de Thor sont eux aussi revus à la hausse. Ceux qui dans le premier film jouaient surtout les faire-valoir sont montés en galon. Fandral a changé de visage (c’est désormais Zachary Levi, ex-Chuck, qui l’incarne) sans que ça choque. Et Sif (Jaimie Alexander) incarne maintenant une vierge guerrière nettement plus imposante, avec une alchimie bien plus particulière. Ray Stevenson (ex-Punisher) joue un Volstagg massif et tout ce petit monde aura droit à une ou deux scènes de bravoure. Heimdall aussi a droit à ce traitement « augmenté ». Les personnages sont mieux écrits et leurs interventions respirent plus l’action qu’un simple « salut, Thor, on est dans le champ de la caméra car nous sommes tes amis » comme ca avait été le cas dans le premier opus.

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Darcy et Erik Superstars

Du côté des humains aussi on est à l’aise. Jane Foster (Natalie Portman) mais aussi Dr. Erik Selvig (Stellan Skarsgård) et Darcy (Kat Dennings) sont de retour et ils ont la meilleure des excuses pour avoir à nouveau beaucoup d’ennuis. Depuis le premier film ils sont devenus un peu des experts de ce qui touche aux déplacements entre les dimensions. Les émanations d’Asgard leur sont connues et ils les traquent. Mais plus encore les personnages ont évolué. Natalie Portman est bien dans ses bottes tandis que Stellan Skarsgård et Kat Dennings se lancent dans un show délirant et bienvenu, qui permet de donner un peu de recul à tout ça. Il y a une touche d’humour bien plus marqué que dans le premier Thor, là aussi on sent que l’univers Marvel « cinématique » tourne désormais dans l’ère Whedon, avec il est vrai une bonne dose de « one-liners » mais aussi des gags visuels presque taciturnes (par exemple quand Thor tente de ranger son marteau en se pliant aux usages humains) que le réalisateur Alan Taylor a su placer avec rythme et qui ont fait mouche plusieurs fois auprès du public. Franchement Thor Le Monde Des Ténèbres porte bien son nom car c’est le « jour et la nuit » comparé au premier film. Cette façon de ne pas se prendre au sérieux tout en prenant beaucoup de plaisir à le faire fait qu’on a droit de bonnes scènes de combats (là aussi, c’est revu à la hausse) sans jamais oublier d’en rire, même dans les moments les plus noirs. Et au final Alan Taylor et son casting continuent de construire l’univers Marvel au grand écran, installant, mettant en place un bad guy qui va être appelé à jouer un rôle de plus en plus grand (la question étant de savoir de quel bad guy on parle). Tout est discutable et, bien sûr, il y en aura pour venir nous dire que c’est la pire merde de l’année, que Catwoman avec Hale Berry était mieux. Mais, plus sérieusement, Thor Le Monde Des Ténèbres semble bien se positionner comme le meilleur film de super-héros de 2013.

[Xavier Fournier]

Thor Le Monde Des Ténèbres

Hey, revenez, ce n’est pas terminé ! Reste la critique de post-générique ! Car oui, Marvel ne manque pas à sa tradition (et il était effarant de voir combien, pendant la projection de presse s’y sont laissé prendre et ont quitté les lieux dès l’apparition du premier crédit). Oui, il y a bien quelque chose qui se passe pendant le générique de fin. En fait deux scènes « cachées » dont la première a l’avantage d’introduire un nouveau personnage lui aussi plein de promesse. Malheureusement, pour le coup, ce contexte plutôt SF a été mal représenté à l’écran et on se croirait dans une scène perdue de Doctor Who remontant à 1982, créatures ridicules intégrées. On appréciera donc plus le placement du personnage que la scène en elle-même. Et la dernière joue plus le rôle d’un épilogue réel aux évènements de Thor Le Monde Des Ténèbres.

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