La Bat-Team est en deuil, mais doit ironiquement affronter le Victim Syndicate, composé de personnes « traumatisées » par leur rencontre avec des super-vilains ou avec Batman lui-même. A l’heure où ce dernier se considère comme responsable la disparition d’un de ses alliés et où les autres membres du collectif eux-mêmes sont marqués, c’est un peu douleur contre douleur. La présence de Batwing peut-elle remonter l’ambiance ?

Avant-Première VO: Review Detective Comics #945Detective Comics #945 [DC Comics]
Scénario de James Tynion IV
Dessins d’Al Barrionuevo et Carmen Carnero
Parution aux USA le mercredi 9 novembre 2016

Detective Comics est sans doute l’une des séries les plus inspirées et régulières du Rebirth de DC, même si cette fois-ci le dessin semble assez différent. Les graphismes avaient déjà plongé pendant le crossover lié aux Monster Men mais le côté « externe » de l’histoire avait fait qu’on avait l’impression de lire une sorte de Hors-Série. Cette fois, le choc est donc plus sensible, puisque dans les premières pages Al Barrionuevo semble travailler sans encrage particulier, principalement à partir des crayonnés, ce qui donne aux dessins une allure d’esquisse. Avec la couleur, plutôt vive, rajoutée directement dessus, on pourrait songer par endroit à des effets semblables à du Doug Braithwaite mais le trait est un peu trop grossier pour véritablement arriver jusque-là, avec des résultats variables d’une page à une autre.

« It’d be nice not to be poisoned again. »

C’est donc le scénario de James Tynion IV qui apporte de la régularité à tout cela, en particulier à travers les relations assez fines entre les personnages. Spoiler est ici utilisée comme trainant à la fois son chagrin et le traumatisme de la bataille précédente. Mais s’installe aussi une situation intéressante où Batwing devient une sorte de Red Robin de remplacement, non seulement parce qu’il est à son tour le « technicien » du groupe mais aussi par sa manière de résister au pathos ambiant. Batwing est un type sympa, pro-actif et sans signe de névrose, tout comme Tim pouvait l’être. Et forcément cela réveille les cicatrices récentes des autres membres du groupe, qui le battent un peu froid. Batwoman elle aussi a son fardeau à porter, bien qu’il soit d’un autre registre. Le cliffhanger de la fin n’est pas très trompeur, vu l’endroit on comprend à priori assez vite de quoi il retourne. Mais globalement Detective Comics #945 démontre à quel point Tynion maitrise bien ses personnages et comment on pourrait facilement prendre un run de ce type long de plusieurs années. Le seul point qui reste à éclaircir vraiment est pourquoi Batman tient tant à racheter Clayface (la question est même carrément posée par l’intéressé dans ce numéro). Mais cela viendra sans doute.

[Xavier Fournier]