GothamA[FRENCH] Il y a un nouveau tueur à Gotham et il s’attaque aux notables… Une rediffusion de la semaine dernière ? Non, car celui-ci est aux ordres de la pègre et à des méthodes clairement différentes. Pendant ce temps Jim Gordon doit essayer d’arrondir les angles avec sa dulcinée, qui désire plus de franchise entre eux…

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Un nouveau tueur en ville

A nouveau Gotham nous donne un modèle de tueur à gimmick relativement réaliste (ou tout au moins réaliste dans un contexte hors super-héros). Richard Gladwell est un assassin taciturne, pragmatique, qui préfère tuer les gens par la ruse et de manière discrète. Si sa scène d’introduction fonctionne assez bien, cependant, une fois passé l’effet de surprise, on a du mal à voir comment un tueur pourrait être vraiment performant avec ce couteau suisse amplifié. Le passage avec la barrique m’a fait penser qu’il s’agissait peut-être d’une sorte de McGyver du crime. Et la bande-son le traite même presque comme un Terminator (il n’y a qu’à voir le moment où il arrive chez la dernière victime visée). Seulement voilà, en définitive Gladwell s’accroche à son sabre laser sans laser, sa petit lame, et il atteint rapidement les limites de sa dangerosité. Face à des policiers armés, une lame, c’est peu… On n’est clairement pas en face d’un pseudo-Deathstroke.

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Quelques vérités dans le couple

Cet épisode a l’avantage de creuser (à plus d’un titre) les relations entre Jim et Barbara et, enfin, de dire certaines choses plutôt que les montrer. Je dois avouer que j’ai été un peu déçu par la résolution du cliffhanger. L’intervention d’Oswald Cobblepot n’est pas (en tout cas pas à ce niveau-là) le game-changer que l’on aurait pu espérer. Après l’avoir croisé Jim est plus gêné dans sa vie de couple que par l’idée qu’un Bullock pourrait croiser l’homme supposé mort. Déçu par cette ouverture, donc, mais pas par d’autres choses, comme le fait que Barbara prend un peu les choses en main et en termine avec les allusions furtives pour réellement dire où elle en est. Mine de rien Barbara prend de plus en plus d’importance dans le show. Elle est en mesure de décider du sort de Jim, de le faire basculer ou pas. Et en un sens, dans les épisodes précédents, on a pu voir qu’elle a une emprise similaire sur Montoya (absente cette semaine). Montoya absente, oui, mais cela n’empêche pas le baiser « femme à femme » de la semaine, venant d’une autre source. Et je reste toujours dubitatif devant le positionnement de ce genre d’allusions dans Gotham, toujours avec un fond de menace tacite. Il va falloir qu’à un moment les auteurs du show pensent un peu à nous « rassurer » là-dessus et nous montrent un couple qui fonctionne, qui n’est pas lié à une menace ou à une pression. Parce que dans le cas contraire, cela va sembler de moins en moins « lesbian friendly »….

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Bataille autour d’Arkham

Cette semaine, on précise la chose, l’enjeu autour de la construction d’Arkham. Mais si le nom vibre bien sûr d’une façon certaine dans l’oreille des fans de Batman, dans le contexte de l’histoire, c’est un peu plus laborieux. D’un côté on nous dit que Falcone est un gangster surpuissant à Gotham. De l’autre, on vient nous dire qu’il ne s’en remettra pas si jamais il perd le deal d’Arkham. Et visiblement non seulement toute la pègre s’agite autour du projet mais c’est toute la ville, le maire, jusqu’au dernier souhait des Wayne, même, qui semble tourner autour de ce projet. Franchement, je veux bien que la ville soit dans un sale état mais dans quelle cité les notables peuvent-ils décider que le salut se trouve à point dans une institution pour malades mentaux ? Est-ce vraiment supposé faire augmenter le tourisme ? Les affaires ? Curieux. Dans le même registre, la promotion fulgurante de Cobblepot dans l’arrière-boutique d’un restaurant fait cheap aussi. Comme si tout le destin, toutes les informations de la criminalité de Gotham ne se décidaient que dans ce restau et chez Fish Mooney. Pas d’écoute de téléphone, pas de mails, rien, il suffit de faire la vaisselle derrière un boss pour être en mesure de prendre le pouvoir. En matière d’écriture, c’est… pour le moins simpliste. Une nouvelle fois on n’échappe pas au pèlerinage chez Fish Mooney (à ce train-là tout Gotham devrait lui avoir fait une réputation de balance) quand il faut aller à la pêche aux infos mais il faut dire que cette fois cela fonctionne mieux puisque même Jim Gordon n’est plus dupe et se moque de Bullock. En fait le show patine car il n’arrive pas à choisir entre deux voies. D’un côté il y a un angle grotesque, symbolisé par Cobblepot, qui irait un peu du côté du Batman de Burton (bien que l’historique des deux Cobblepot soit clairement différent). De l’autre, on se veut plus sérieux, il y a même des gestes dans la direction de Nolan (la scène où deux candidats à l’embauche doivent se battre fait écho quelque chose de similaire dans le film Batman: The Dark Knight). Et quelque part au milieu il y a Gordon, Bruce et Alfred qui ne savent pas trop où aller. Il va falloir trancher et affirmer une personnalité.

[Xavier Fournier]