[FRENCH] Le dessinateur Carlos Meglia, né en 1957, est mort le 14 août, des suites d’un malaise cardiaque. D’origine argentine Carlos Meglia aura su s’intéresser à différentes écoles de BD, peut-être parce qu’il a débuté d’abord en tant qu’illustrateur, en 1974. Pendant neuf il oeuvrera ainsi pour des sujets aussi divers que « Don Quichotte », « La Bible Pour Enfants » ou encore des images de science-fiction, d’actualités sportives ou, enfin, d’humour, style dans lequel sa maîtrise de la caricature peut s’exprimer pleinement. Ce n’est qu’en 1983 qu’il publie ses premières véritables BD, tout en se tournant vers l’animation. Dans la seconde moitié des années 80, il est prêt à faire de la Bande-Dessinée son activité principale. Il fait équipe avec un autre Carlos (Trillo) pour lancer des concepts comme Cybersix.

Paradoxalement dans les années 90, alors qu’il traverse l’Atlantique pour s’installer en Espagne, il commence à travailler pour le marché américain. On croise alors son style sur des séries comme Star Wars: Underworld ou Superma/Tarzan (Dark Horse), Monster World ou Adventures Of Superman, Superman: Infinite City (DC) et même un peu de Marvel (Elektra). Il illustrera aussi un épisode entier de Crimson, se substituant à Humberto Ramos. Et pour cause: Meglia est un modèle pour Ramos et la filiation entre leurs deux styles est évidente (Ramos étant le premier à le reconnaître comme mentor). En fait Meglia fut même une inspiration majeure pour bon nombre de dessinateurs sud-américains (on citera également Francisco Herrera).

Ses épisodes d’Adventures of Superman (la saga du Superbaby, Adv. of Superman, en 2002) le feront cependant méconnaître par une partie du lectorat: le dessin est de piétre qualité et, fait rarissime,  l’éditeur Eddie Berganza s’en excusera alors publiquement. Mais l’explication n’a rien à voir avec une baisse de niveau de l’auteur. En vérité Meglia est entretemps retourné s’installer en Argentine. Hors, en 2002, ce pays est secoué par des émeutes: alors qu’il commence à travailler sur ces épisodes, il est obligé de fuir jusqu’au Mexique où on lui prête alors un atelier pour qu’il puisse tenir, tant bien que mal, les délais. Bien plus qu’un passage à vide, ces épisodes il est vrai peu représentatifs de son niveau habituel sont néanmoins un témoignage de son attachement à sa profession: là où la plupart des artistes se seraient retranchés derrière l’actualité terrible du moment, Meglia aura fait son possible pour tenir ses engagements envers son éditeur, dans des conditions qu’on comprendra. Ceci donner la mesure de l’homme au delà de l’artiste… Plus tardivement on l’avait vu travailler pour l’éditeur français Soleil ou il avait co-créé « Cañari » avec Crisse.