Big John Buscema: Historietes I Dibuixos[FRENCH] Le bébé se porte bien, il fait 2,5 kilos et il s’appelle… Big John Buscema. N’allez pas croire qu’un fan de ce dessinateur de légende ait baptisé sa progéniture du nom de ce maitre des comics. Non. Le « bébé » en question est en fait le catalogue de l’exposition « Big John Buscema: Historietes I Dibuixos » qui s’est tenue à Palma du 17 septembre au 8 novembre 2009. L’expo est terminée et encore fallait-il habiter (ou être de passage) dans les îles Baléares pour profiter de l’événement. L’épais (et beau) volume qui en résulte est un véritable collector que les fans de « Big John » se doivent de posséder.

Big John Buscema: Historietes I Dibuixos
Edité par Casal Solleric (Palma)

Big John Buscema: Historietes I DibuixosSi vous étiez un barbare, je vous dirais que cet énorme bouquin (24,5 x 29,5, pour plus de 320 pages sur papier épais) peut servir d’arme ! Mais comme il y a plus de chances que vous ayez trouvé le chemin de ce site web parce que vous êtes avant tout un(e) amateur éclairé(e) de bandes dessinées, passons très vite au réel argument massue : la qualité du contenu. Il y a quelques mois de cela se tenait dans un lieu culture de Palma (Casal Solleric) une exposition consacrée à l’œuvre de John Buscema. Si vous ne résidez pas dans le secteur concerné, pleurez comme moi un bon coup pour ne pas avoir pu voir cette évocation visiblement assez riche du dessinateur historique des Avengers ou encore de Conan. Au programme des dizaines de planches originales ou d’esquisses, permettant de mieux cerner le travail de l’artiste.

Ça y est ? Fini de pleurer ? Alors soufflez un bon coup car tout n’est pas perdu. Il reste de l’événement cette imposante trace, épaisse comme un annuaire (mais fort heureusement sur un bien meilleur papier) : le catalogue de l’exposition, qui reproduit une quantité impressionnante d’œuvres, de couvertures ou de pages intérieures. Certes, il n’est pas en langue française mais trilingue quand même (Espagnol, Portugais et Anglais). Il faut donc diviser par trois la masse de texte mais le contenu rédactionnel est intéressant, commentant aussi bien les débuts de John Buscema que son passage plus connu chez Marvel. Mieux, sont également reproduits ses travaux dans le monde de la publicité, à l’époque où il avait tourné le dos aux comics. Si en un ou deux endroits on regrettera bien un tout petit peu que le maquettiste ait préféré agrandir démesurément le détail d’une case pour en faire une pleine page, l’ensemble est beau. Bien souvent les croquis ou les planches originales y sont scannés en couleurs plutôt qu’en noir et blanc, permettant de reproduire les moindres mi-teintes ou de faire apparaître les retouches. Bien sûr les Vengeurs y ont une place de choix mais aussi Sub-Mariner, le Silver Surfer (qui fournit l’image de couverture), les Fantastic Four, Thor, Conan, Wolverine,  Weirdworld ou encore les titres moins « héroïques » comme Chamber of Darkness ou « My Love ». Le tour d’horizon est à la fois complet, beau et imposant. Le terme « catalogue d’exposition » est sans doute impropre (ou en tout cas pas suffisant) pour définir ce beau livre qu’est « Big John Buscema: Historietes I Dibuixos » est une rareté à convoiter dès qu’on apprécie réellement John Buscema (Qui est plus est, c’est un bon complément à posséder en parallèle du « Comment dessiner des comics, la méthode Marvel » illustré par Buscema qui sort, lui, début 2010 chez Akileos). A priori ce gros pavé consacré au Big John n’est disponible en France que par l’entremise des Éditions Déesse (Fred Manzano, responsable de Déesse, ayant participé au regroupement des œuvres qui ont permis le déroulement de l’exposition et la création du livre). Une pièce rare et une bonne idée de cadeau de fin d’année pour ceux qui aiment les comics du Silver Age (Prenez quand même soin de prévoir une solide chaussette pour l’accrocher à la cheminée parce que 2,5 kilos, quand même…).

[Xavier Fournier]