[FRENCH] Si le numéro précédent semblait mettre en place la venue du Parasite (et effectivement elle a bien lieu) Geoff Johns cimente ici la relation Superman/Metropolis en canalisant une bonne partie du ton du Man of Steel de Byrne. Les événements sont différents mais l’ambiance très proche…

Superman: Secret Origin #4 [DC Comics] Scénario de Geoff Johns
Dessin de Gary Frank
Sortie aux USA le mercredi 27 janvier 2010

Ces dernières années on pouvait penser que la relation Superman/Lex Luthor était en train de se « Smallvilliser » ou que, plus exactement, sous l’influence du feuilleton Smallville les événements du comic-book avaient tendance à revenir vers ce qu’ils étaient jusque dans les années 60 avec un Lex ami/ennemi de Clark depuis l’enfance. Superman: Secret Origin #4 confirme une autre impression apparue ces derniers mois : Geoff Johns a beau participer d’une main au show TV (y compris au niveau de l’épisode spécial consacré à la Justice Society qui sera diffusé la semaine prochaine aux USA) il n’entend pas pour autant écraser ce qui fait la spécificité des comics. Du coup sa relation Superman/Lex n’est pas la décalcomanie de ce qu’on a pu voir à la TV. Johns ménage un peu la chèvre et le chou en confrontant son Superman (qui mixe éléments des films de Richard Donner ET folklore des comics) avec un Lex Luthor qui n’est pas si télévisuel que ça dans le ton mais s’approche beaucoup plus de ce que John Byrne avait pu faire en son temps. C’est à dire que si les événements sont clairement différents de ceux de Man of Steel (dans cette mini la rivalité Superman/Lex s’étalait assez pour qu’on ait le temps de voir Luthor devenir chauve), le personnage qui en résulte est, lui, étrangement compatible par son côté manipulateur. La manière hautaine qu’il a de sélectionner les gens à l’entrée de son complexe nous ramène tout à fait à une histoire de Byrne où « son » Luthor brisait la vie d’une serveuse par pur caprice.

Du coup l’origine du Parasite passe un peu au second plan émotionnel même si elle amène la plus grosse partie de l’action. Elle n’a rien d’inutile car si finalement tout les fidèles connaissent un peu le Parasite, les variations de sa genèse sont assez importantes selon les époques pour qu’il soit nécessaire d’y mettre de l’ordre. Et il faut également y voir une référence à Homer Simpson ? Le graphisme de Gary Frank est d’une régularité redoutable aussi bien pour illustrer les monstres que pour représenter le staff du Daily Planet. Seul petit point d’interrogation de l’ensemble : si les couvertures précédentes avaient tout à voir avec le contenu, ce numéro n’a aucun rapport avec l’héritage kryptonien de Kal-El. Que font donc ses parents et la forteresse de solitude sur la couverture ? Cela dit ça ne gâche en rien la lecture de l’intérieur…

[Xavier Fournier]