[FRENCH] Avec Hope Summers qui a pris la poudre d’escampette, les X-Men de Cyclops s’organisent pour essayer de la retrouver. Ils se répartissent donc sur cinq endroits à travers le globe où Hope serait susceptible de se cacher. L’ennui pour les mutants c’est que les Avengers ont pensé à la même chose. Les combats reprennent donc dans d’autres endroits. Avec une particularité de cet Uncanny X-Men #12 : Parler sexe pratiquement à toutes les scènes. Mais pas sans humour…

Uncanny X-Men #12 [Marvel Comics]
Scénario de Kieron Gillen
Dessins de Greg Land
Sorti aux USA le mercredi 15 mai 2012

Comme on le présentait à la lecture d’Avengers vs. X-Men, les tie-in s’occupent de justifier l’éparpillement du conflit à travers le globe. Hope pourrait se cacher dans cinq endroits et il faut aller la dénicher. Sur le principe pas de problème, encore que j’ai du mal à voir pourquoi les X-Men pourraient penser qu’Hope s’est planquée à Wundagore, en Latveria ou dans des endroits de ce genre. Pour « l’univers de poche » qu’est Tabula Rasa, c’est une autre paire de manches. Autant cet environnement m’avait laissé froid lors de son introduction dans la série il y a quelques mois, autant Hope l’a vu de près, sait qu’il n’est pas facile d’accès et dans le même temps a pu se familiariser avec l’endroit. Penser qu’Hope pourrait le choisir comme planque est donc loin d’être idiot dans la logique interne.

Et, au delà des impératifs du crossover, Kieron Gillen en profite pour repartir sur la libido délirante de Namor déjà abordée lors de sa précédente visite à Tabula Rasa. Un Namor toujours écrit façon Alain Delon dans les Guignols, ne doutant de rien et parlant systématiquement de lui à la troisième personne. Certes il était déjà comme ça ces dernières décennies mais Gillen appuie vraiment sur le champignon de ce côté là. Dès la troisième page c’est Hepzibah (au passage c’est bien que quelqu’un se souvienne que cette alien habite sur Utopia, on ne la voyait plus guère) qui se met sur les rangs. Puis on retrouve la monstrueuse reine amphibienne déjà courtisée par Namor. Puis (mais là sans que Namor soit impliqué) une créature qui accouche au bout de deux cases. Ce qui fait qu’assez vite on se rend compte que le numéro est, en un sens, « sursexué » par rapport à la norme puribonde des comics habituels. Tout ça cependant sert le propos puisqu’un des duels de ce numéro est interrompu de la façon la plus surprenante, quand un troisième personnage arrive pour mettre les choses dans un certain contexte… La blague est surprenante et permet de placer sur le registre d’un certain humour un épisode qui, exercice de style oblige, se bornerait sinon à des échanges de coups de poings. Gillen fait des choses intéressantes dans l’écriture de Namor, chose d’autant plus remarquable qu’au même moment Fraction aussi l’utilise (mais dans un sens différent) dans Defenders. Le dessin souffre des défauts inhérents à Greg Land (l’impression d’avoir déjà vu l’expression faciale d’Hepzibah quinze fois sur d’autres dessins d’Emma Frost ou de Hope par le même Land), oui, mais le numéro semble conscient du non-sens des choses, faisant une sorte de pied de nez à l’escalade des combats et aux crossovers.

[Xavier Fournier]