Avant-Première VO: Review The Star Wars #2[FRENCH] Star Wars version béta. Après la « prélogie », après l’annonce de films futurs, voici l’idée première de la Guerre des Etoiles, le rêve de Lucas avant qu’il ne le réorganise pour en faire ce que nous connaissons aujourd’hui au ciné et dans les comics. Alors pourquoi ressortir une idée qui, il y a des décennies, n’avait pas été jugée bonne à l’époque ? Oui mais attendez…

The Star Wars #2The Star Wars #2 [Dark Horse Comics] Scénario de J.W. Rinzler
Dessin de Mike Mayhew
Parution aux USA le mercredi 2 octobre 2013

Les fans les plus documentés de Star Wars savent sans doute, à travers quelques interviews et des références obliques, que la version de la Guerre des Etoiles qui est arrivé sur nos écrans n’est pas celle que G. Lucas avait en tête au début, qu’il existe un Star Wars « brouillon » qui n’a pas vu le jour en tant quel. C’est cette version que transposent sous forme de comics J.W. Rinzler et Mike Mayhew. Et c’est… vachement bien. C’est l’antipode des versions remastérisées, retouchées, renumérisées, c’est le matériau brut sans les enjolivures, à l’époque où Darth Vader ne portait pas encore de masque noir, où Luke Skywalker était le vieux jedi (façon Obi-Wan mais en plus dynamique) et où son padawan était un certain Starkiller. A partir de là, oui, c’est certain, il y a un certain « jeu des neuf erreurs ». Il est fascinant de retrouver certaines scènes, certaines phrases, dans un contexte totalement différent ou dans la bouche d’autres personnages (bien que j’imagine que J.W. Rinzler a glissé quelques références au moment de la mise en forme).

Il y a aussi la force d’une certaine SF rétro encore plus prononcée que dans les premiers Star Wars, grâce aux designs fabuleux de Mike Mayhew, qui donnent vraiment toute sa dimension à cette histoire. Sachant que Star Wars puisait une partie de son inspiration de Flash Gordon (c’est d’ailleurs assumé ici dans le scénario), Mayhew le retranscrit dans les costumes, dans les vaisseaux, dans les armes. Il arrive à se libérer du poids des films qu’on connait tout en gardant des tonalités familières. Qui plus est Mike Mayhew utilise toujours son traitement réaliste des matières mais avec un trait très spécial, qui donne aux personnages des expressions cartoony mais efficaces. De fait son rendu est tout sauf guindé et, au contraire, c’est même un élément majeur de cette réussite. Là, au deuxième numéro on est déjà en train de regretter que ce ne soit qu’une minisérie en 8 comicbooks. Ce serait vraiment bien si on pouvait avoir des suites, produites par les mêmes auteurs, qui se dérouleraient dans le même univers. En tout cas, c’est très rafraîchissant.

[Xavier Fournier]