[FRENCH] The Stand: Captain Trips est une adaptation fidèle du Fléau, roman de Stephen King qui voit une grande partie de la population décimée par un virus tandis que des concepts mystiques de manifestent. Fidèle, OK, mais pas placide. La BD de Roberto Aguirre-Sacasa et Mike Perkins véhicule totalement l’esprit du livre de Stephen King, tout en ayant sa propre personnalité. Alors que le virus se propage, c’est bien le côté humain qui l’emporte. Le tout est assez efficace.

The Stand: Captain Trips #2 [Marvel] Scénario: ROBERTO AGUIRRE-SACASA
Dessins: MIKE PERKINS
Sortie aux USA mercredi prochain (8 octobre 2008)

Cela fait 30 ans que le Fléau (en VO: The Stand) a été publié mais cela reste l’un des romans les plus forts de Stephen King. Qui plus est il reste d’actualité… Ou disons que la réalité a rattrapé la fiction avec des maladies comme la Grippe Aviaire. Même sans ça, il y aurait encore des précédents célèbres (comme la Grippe Espagnole) pour nous rappeler qu’en quelques semaines, quelques jours une contamination pourrait toucher des nations entières. Roberto Aguirre-Sacasa et Mike Perkins ont donc compris que pour que le moteur de leur histoire fonctionne il était important de… ne rien modifier de profond et de privilégier les « moments ». Ce qui fait la force de ce livre de King n’est pas le virus mais le fait que les personnages dont le destin est bousculé sont avant tout normaux, occupés à leurs petites existences. C’est le sentiment d’humanité qui fait l’intérêt du livre… Et de la BD car les deux auteurs ont réussit à retranscrire cette sensibilité.

Le dessin de Perkins convient tout à fait ce contexte. Ses personnages ne sont pas des musclors échappés d’un comic de super-héros ou des créatures trop stylisées empruntées à de la BD expérimentale. Non, Perkins ne fait rien de « spectaculaire » et c’est tout à fait ce qui convient dans cette phase du récit où finalement l’action reste à venir. Pour l’heure le virus en est à se répandre, invisible, et à part l’armée, la plupart des héros n’ont pas conscience de ce qui se joue. Ils sont encore à régler des histoires de famille ou de cœur… Et pourtant tout est à la fois expressif et intéressant. Rien ne me parait trahi dans cette œuvre. Même en ayant lu le livre, la mise en place et les options prises restent captivantes. Une bonne pioche, donc, et peut-être plus facile d’accès (contexte plus contemporain oblige) que l’adaptation de la Tour Noire.

[Xavier Fournier]