Avant-Première VO: Review Swamp Thing #1

[FRENCH] Swamp Thing, la « Créature du Marais », reprend du service à l’occasion du relaunch global de DC Comics tout en prouvant que chaque série à sa manière de s’adapter à la nouvelle donne. Certes, ce Swamp Thing là a à nouveau un côté humain mais celà n’efface pas ses incarnations précédentes. Ici pas de « retcons » mais un héros qui progresse tout en rendant hommage au passé. Pour beaucoup, reprendre Swamp Thing aurait tout d’un cadeau empoisonné mais Scott Snyder et Yanick Paquette démarrent les choses de fort belle manière !

Swamp Thing #1 [DC Comics]
Scénario de Scott Snyder
Dessin de Yanick Paquette
Parution aux USA le mercredi 7 septembre 2011

Il y a ceux dont l’existence est refondu de fond en comble (comme Superman), ceux qui reculent deux, trois ou quinze cases jusqu’à une étape passée de leur vie (c’est le cas pour Batgirl). Et il y a ceux qui ne cèdent pas un bout de terrain et qui ont bien raison. Car Swamp Thing, ramené récemment dans le giron de l’univers DC, a un héritage riche, une vraie texture (aussi bien au plan scénaristique que visuel). Plutôt que de balancer le bébé avec l’eau du bain, Scott Snyder a donc décidé de valider tout ce que le personnage a pu connaître ces dernières années, même si dans l’état des choses on peut se demander si la fin de Brightest Day a encore un peu de poids dans le « DCnU » (en particulier vu les changements fondamentaux liés à Green Arrow, Star City, Hawkman et quelques autres…). QU’à celà ne tienne. Snyder fait référénce au réveil récent d’Holland ET… n’oublie pas non plus de ramener dans la boucle certains éléments propres à la version végétale (essentiellement celle de Moore et de Veitch) de Swamp Thing (dixit la mention d’Abby). L’inventaire de Snyder est judicieux. Vers la fin des années 90 et au début des années 2000, la saga de Swamp Thing s’était un peu égarée, le personnage étant éclipsé par sa fille. Là, on revient aux fondamentaux, vers quelque chose qui laisse de la place aussi bien à des aspects de Wein/Wrighston qu’à la période Moore/Bissette. Alors, assurément, ce n’est pas le comic-book qu’il faut mettre dans les mains d’un lecteur tombé de la dernière pluie mais la chose est assez raccord pour que ceux qui ont connu Swamp Thing dans sa période de gloire si reconnaisse. Et dans le cas contraire les TPB de la période Moore sont de toute façon une lecture conseillée. Je pense en particulier qu’en France (où les années plus récentes, post-Moore, du personnage sont relativement inconnues) cette approche permettra de raccrocher les wagons.

Chapeau, aussi, à un scénariste qui résiste à l’appel du spectaculaire et refuse de lancer son personnage directement dès le premier numéro pour attirer le prospect. S’il y a bien de l’action (une menace se fait connaître de façon assez horrifique), le héros en est encore à se reconstruire. Côté dessin, Yanick Paquette s’en donne à coeur joie, avec des clins d’oeils multiples à la grande période de Swamp Thing. La scénographie, les décors, la narration renvoient eux aussi à des références prestigieuses. Surtout, on n’est pas dans la nostalgie. L’allusion n’enlève rien à la force du résultat. Le plaisir de l’artiste est tangible et, si j’avais regretté de ne pas le voir rester un peu plus longtemps sur Batman Inc, son Swamp Thing est d’un autre niveau. Scénario et dessins se croisent pour évoquer des atmosphères bien connues (le sort des archéologues me fait un peu penser à celui de Matt Cable ou aussi au « look » de l’Invuche, les initiés comprendront). Et on se régale de touches comme le panneau « Totleben’s » ou le code du coffre d’Holland. Certes, Swamp Thing #1 ne sonne pas véritablement comme un premier numéro : On y évite le passage en revue des détails de l’origine du héros ou même des circonstances de sa « résurrection ». Mais la série prouve que, non, toute la continuité DC n’a pas été balayée la semaine dernière. Pour ceux qui se demandaient depuis des années pourquoi DC/Vertigo ne faisait rien (ou rien de bien) du monstre vert, cette nouvelle série Swamp Thing semble s’annoncer comme la meilleure des réponses.

[Xavier Fournier]

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