[FRENCH] Sous la houlette de Greg Rucka, le Punisher continue de hanter les bas-fonds de l’univers Marvel. Enfin… les bas-fonds, c’est une question de point de vue car son adversaire, le nouveau Vulture, l’entraîne au contraire vers des hauteurs vertigineuses. Frank Castle est en dehors de son élément et là, vraiment, l’important c’est la chûte !

Punisher #3 [Marvel Comics] Scénario de Greg Rucka
Dessin de Marco Chechetto
Parution aux USA le mercredi 7 septembre 2011

Sur les séries « Big Shots » relancées cet été par Marvel (Punisher, Moon Knight et Daredevil), Punisher est sans doute celle qui me semble le moins se réinventer. Greg Rucka et Marco Chechetto ne déméritent pas, c’est certain, mais on a un peu « le » Punisher façon Marvel Universe qu’on a connu ces dernières années, depuis Punisher War Journal vol.2. Le problème avec Frank Castle c’est qu’en dehors d’un occasionnel pourvoyeur d’armes ou d’informatique, « Pupu » n’a pas vraiment de supporting cast et que ce manque empêche le personnage d’avoir un certain sens de la chronologie. Encore que. Si ces réserves valaient sur le premier numéro, avec un Punisher relativement en retrait, en plus, il semble bien que Rucka monte en puissance dans ce qu’on pourrait qualifier d’entourage du héros. Peut-être pas des amies ou mêmes pas des alliées, il est trop tôt pour le dire, mais le scénariste commence à mettre l’accent sur deux femmes qui vont, on l’espère, permettre de caractériser cette étape du vigilante à tête de mort.

Pour en venir au scénario global de ce numéro on serait tenté de dire qu’au demeurant il tient sur un timbre-poste. Oui, comme nous le dit la couverture, le Punisher affronte le Vulture. Et le combat occupe la plus grande partie de la pagination. Pas des tonnes de dialogues, c’est certain, mais ce synopsis en théorie assez mince prend une véritable élégance avec la scénographie qu’injecte Marco Chechetto. Derrière lui, c’est Rucka qui pose la problématique de base : le Punisher tire ou poignarde tout ce qui bouge. Mais quand son adversaire l’entraîne dans les airs, tuer ou blesser le Vulture reviendrait à scier la branche sur laquelle Frank est assis. Vous croyez que ca va l’arrêter ? C’est mal connaître la férocité de cet anti-héros. Et le tout est mis en image d’une jolie manière par Chechetto, qui se fait presque cinéaste dans sa manière de représenter le déroulement de la scène. J’ai quand même mes doutes quand à la durabilité de cette série, malgré les talents impliqués. Il manque une accroche, quelque chose qui marquerait et attirerait de nouveaux lecteurs. Pour l’heure, j’ai l’impression que sauf surprise on reste dans le même périmètre que les séries de Fraction et Remender (lesquelles étaient excellentes, qu’on ne s’y trompe pas, mais méconnues). Ce n’est pas un problème d’auteur : il faudrait vraiment que le Punisher se mettre à progresser et à sortir de sa formule. Mais peut-être qu’à ce moment-là on aurait l’impression que ce ne serait plus le Punisher… En tout cas, l’épisode de ce mois est un vrai plaisir à regarder…

[Xavier Fournier]