Avant-Première VO: Review Superman #36[FRENCH] Très déçu par ses retrouvailles avec la Terre, Ulysses prend une décision drastique : proposer à une partie de l’humanité de l’accompagner dans la quatrième dimension, pour profiter d’un monde utopique. Est-ce que la vieille Terre est si attachante, après tout ? Superman, lui, voit la chose comme un problème. Mais peut-on vraiment empêcher les gens de partir ?

 Superman #36Superman #36 [DC Comics] Scénario de Geoff Johns
Dessin de John Romita Jr.
Parution aux USA le mercredi 26 novembre 2014

Depuis le début de cette storyline, Geoff Johns nous vend Ulysses comme un Superman inversé. Ou tout au moins un Superman différent (chose que la couverture nous montre avec assez peu de subtilité, même si la scène montrée n’apparaît pas comme telle dans l’épisode). Superman et son nouvel « ami » (encore que leurs relations vont en se désintégrant) relèvent en fait de deux formes différentes d’optimisme. Superman a foi en le genre humain. Ulysses, lui, perd patience et passe à la vitesse supérieure : une sorte d’évolution forcée, une évacuation de masse pour quelques élus promis à un monde pacifique. En théorie en tout cas. Car Geoff Johns installe un changement de ton assez marqué qui fait qu’assez vite on sent que quelque chose se trame, sans doute un peu dans le registre du fameux épisode « To Serve Man » de la Twilight Zone (qui était, ironiquement, traduit chez nous sous le titre de Quatrième Dimension).

John Romita Jr. reste fidèle à lui-même en ce qui concerne les dessins de ce numéro. Mais le scénario, qui privilégie plus des confrontations parlées que de l’action, lui laisse peu de marge pour tout faire péter. Il en est quitte pour se rabattre sur des scènes d’arche cosmique, qui font très blockbuster américain. On a le sentiment que Johns est en train de négocier un virage dans l’histoire, du genre qui décidera de la qualité de tout le run. C’est probablement dans les un ou deux épisodes à venir que l’on saura à quoi s’en tenir. Pour ma part, je regrette un peu que ce numéro laisse si peu de place à la vie privée de Clark Kent. C’était un intérêt du début de l’arc. Sans cette dimension humaine, on retombe sur quelque chose de très proche de Superman Unchained, c’est-à-dire deux surhommes discutant de différences philosophiques, sur fond de culture extraterrestre.

[Xavier Fournier]