[FRENCH] Superman #12 termine le passage de Dan Jurgens sur le titre, en attendant l’arrivée de Scott Lobdell. Que de changements d’auteurs en l’espace d’un an ! Et arrivé au douzième épisode on est bien obligé de se demander ce que DC Comics veut faire avec ce titre qui piétine. Quelle fonction ? Quel sens ?

Superman #12 [DC Comics]
Scénario de Dan Jurgens
Dessins de Dan Jurgens
Sorti aux USA le mercredi 22 août 2012

Admettons-le d’emblée, il n’est sans doute pas facile d’exister dans l’ombre d’Action Comics, qui peut se permettre de réinventer le passé du dernier fils de Krypton. La série Superman, elle, est obligé d’accuser le coup et de se dérouler de nos jours mais sans pouvoir réellement proposer autant d’air neuf. Pour preuve ce Superman #12 qui, en dehors du costume du héros (désormais privé de son slip rouge) aurait aussi bien pu être publié en 1993. Dan Jurgens, en effet, ne se donne pas beaucoup de mal pour trouver des menaces. Voici une créature venue d’une autre dimension qui, en dehors du fait qu’elle est beaucoup inspirée de Predator, n’a pas beaucoup de valeur ajoutée. Pire : Il y a un sentiment de déjà vu. Cette histoire d’alien torturé par les russes évoque en effet grandement le « Subjekt-17 » que Kurt Busiek avait créé dans ses propres épisodes de Superman. Comme il n’y a pas grand chose de neuf sous le soleil, ce numéro a donc un gros parfum de fill-in. Si ce n’est qu’il est la conclusion d’une histoire en plusieurs parties.

On se dira que Dan Jurgens se sentant, peut-être, sur la fin, a préféré expédier les affaires courantes. OK. Mais Un arc pour créer et se débarasser d’un alien très générique et « déjà vu » ? Ce n’est pas franchement très folichon pour une série où il y aurait en théorie tout à réinventer. D’ailleurs le problème ne se limite pas à Jurgens. En dehors d’une apparition d’Hellspont on aura quand même pas vu beaucoup d’adversaires très marquants dans cette première année. Alors qu’avec l’effet DCnU/New52 il n’y a qu’à se baisser pour récupérer d’anciens adversaires qu’il conviendrait de remettre au goût du jour. Et même sans parler du seul aspect des combats, la vie privée de Clark fait assez carton pâte. Lucy Lane qui le poursuit pour récupérer des cordes de saut à l’élastique… Pour lui dire finalement, en fin d’épisode, que ses cordes ne sont pas utilisables… Ce n’est même pas un gag, c’est juste une manière totalement plate, sans saveur, d’évoquer la vie « normale » du héros. Entre ça et le pseudo-Predator, Là, franchement, si c’était pour nous donner ce genre d’histoire interchangeable, datée, on se demande bien pourquoi DC s’est enquiquiné à rebooter. Encore heureux qu’il y a Action. Parce que là, Superman, c’est mou…

[Xavier Fournier]