Avant-Première VO: Review Secret Six #1[FRENCH] Les Secret Six ressuscitent dans l’univers New 52. Gail Simone retrouve une marque, une équipe, avec laquelle elle est associée. Dans le même temps, beaucoup de choses sont différentes (certains anciens membres étant réquisitionnés par d’autres titres de DC). Assez rapidement, cependant, l’équipe créative établit un ton à part.

Secret Six #1Secret Six #1 [DC Comics] Scénario de Gail Simone
Dessin de Ken Lashley
Parution aux USA le mercredi 3 Décembre 2014

En 2011, la décision de DC de ne pas relancer, parmi les 52 séries rénovées, les Secret Six était incompréhensible. Sans être dans le top ten, le titre était solide, rentable et profitait d’un bon fan-following, au moins autant que Birds of Prey. Dans son erreur, cependant, DC aura au moins eu la sagesse de ne pas lancer/gâcher un Catman par la petite porte, dans un comic-book à moitié écrit par un nobody en mal de jeunisme. Trois ans plus tard, Gail Simone, la scénariste de l’ancienne série, retrouve ses billes tout en tenant compte du contexte qui a changé. Pour diverses raisons, pas de Scandal Savage, pas de Bane et surtout pas de Deadshot au rendez-vous. Tout est à refaire, en un sens, en commençant par la raison qui regroupe, contre leur gré, les Six. Un groupe très différent, donc, dans lequel on retrouve une figure connue, Catman, mais un Catman changé. Celui de l’ancienne continuité était une sorte de Batman qui avait pris un mauvais virage et qui se remettait d’une sorte de crise de la trentaine. Celui-ci est beaucoup plus proche d’un Wolverine ou d’un jeune Sabretooth.

Le dessinateur Ken Lashley est surprenant, son trait encré de façon différente par rapport à ce que l’on connaît de ses travaux. C’est plus à propos, dans l’esprit des six. L’ambiance fonctionne d’emblée, avec les anti-héros qui se retrouvent dans de sales draps et ne s’en tireront pas sans une collaboration en équipe, qu’ils le veuillent ou non. Je ne vais pas les passer en revue, pour laisser un peu de surprise à la lecture (d’autant plus que je me demande si un ou deux d’entre eux ne sont pas destinés à se faire éliminer rapidement). Mais en parcourant l’épisode, je me suis pris à penser au récent Wolverine: The Legacy où ses « héritiers » se retrouvent enfermés dans une boîte. On peut comparer ici l’exécution et, sur une situation similaire, Gail Simone s’en sort gagnante, et haut la main. L’animal est différent… Le seul membre réellement commun a changé dans sa nature même. Mais il y a quelque chose qui fait qu’on ne peut pas crier à la trahison. Ce ne sont pas les Secret Six d’avant, oui, mais ce sont bien des Secret Six, avec dès les premières cases de leur rencontre, la dynamique déjantée de leurs rapports. Gail Simone réinvente la série, dit au revoir au passé, mais dans le même temps reste fidèle à une certaine forme de philosophie. Les Secret Six redeviennent immédiatement un rendez-vous que l’on aura plaisir à retrouver d’un mois à l’autre.

[Xavier Fournier]