[FRENCH] En préambule du nouveau film Predators, Dark Horse publie cette « préquelle » pour nous aider à mieux faire connaissance avec les personnages qui, sur le grand écran, risquent fort de se faire charcuter par les chasseurs extra-terrestres… Mais avant que la chasse commence vraiment, comment faire pour que tout ça ne tourne pas à l’ennui ? C’est simple : confier le scénario à Marc Andreyko et David Lapham…

Predators #1 [Dark Horse] Scénario de Marc Andreyko, David Lapham
Dessins de Guilherme Balbi, Gabriel Guzman
Sortie aux USA le mercredi 9 juin mai 2010

C’est un délicat exercice de publier la préquelle d’un film alors que ce dernier n’est pas encore sur les écrans. Du coup le lecteur ne sait pas forcément comment interpréter la présence de tel ou tel personnage. Mais de plus il peut avoir l’impression qu’on le fait patienter en attendant que les choses commencent vraiment (c’est à dire qu’on en arrive aux événements du film). Vu que l’intrigue de Predators est annoncée comme reposant sur un lot d’humains enlevés dans un autre environnement avant d’être pris en chasse par les prédateurs, on pouvait donc se demander ce qu’il y avait besoin de raconter avant la première rencontre et même si, vraiment, la préquelle nous montrerait le Predator. Dans ce comic-book, qui contient deux histoires distinctes, c’est à Marc Andreyko et Guilherme Balbi de produire un premier segment plein d’action, qui joue la carte du Predator (car, oui, ils sont déjà là dès la préquelle, ouf). Encore que le cliffhanger final laisse la porte ouverte à plusieurs interprétations. C’est une bonne mise en bouche, qui donne envie de voir vite l’épisode suivant…

Dans la deuxième partie, David Lapham et Gabriel Guzman s’attachent plus à une description du personnage interprété par Adrian Brody dans le film et aux événements qui ont précédé sa confrontation avec les Predators. Cette fois pas d’extra-terrestre au programme. David Lapham est plus réaliste et s’intéresse vraiment à construire, décrire, celui qui est visiblement appelé à être le héros majeur du film. Cette back-up est moins spectaculaire que le segment précédant mais je soupçonne qu’elle pourrait prendre une autre dimension à la relecture, une fois le film sorti et quand elle pourra jouer alors totalement son rôle de complément. Globalement ce comic-book de Predators est intéressant car il ne fait pas « vide » et ménage un peu tous les impératifs. Il joue son rôle de tie-in du film mais ne se contente pas de l’être, restant le reflet de la créativité que Dark Horse a mis en œuvre sur ce genre de licence toutes ces dernières années. Avant d’être un produit dérivé, c’est surtout un bon comic sur les Predators (avec au passage une jolie cover de Paul Lee). Bon, après, il est certain qu’il faut être client de Predator à la base pour y trouver son bonheur…

[Xavier Fournier]