[FRENCH] Moon Knight s’est installé sur la côte ouest et a même vendu les droits de son origine à l’industrie hollywoodienne. Mais il ne cesse pas pour autant d’être un Avenger, certains de ses collègues viennent le voir pour lui demander d’être un peu l’antenne de Steve Rogers de ce côté des USA.

Moon Knight #1 [Marvel Comics] Scénario de Brian Michael Bendis
Dessins de Alex Maleev
Sorti aux USA le mercredi 4 mai 2011

Enième tentative d’imposer Moon Knight sur la durée, cette nouvelle série s’appuie sur la collaboration de Bendis et Maleev (Daredevil, Spider-Woman, Scarlet…). Difficile de savoir à l’avance de quelle manière le public accueillera cette nouvelle mouture dans un contexte qui privilégie les crossovers. Il est certain que ce premier numéro n’égale pas forcément la finesse du run historique de Doug Moench mais en tout cas Bendis sort les références aux Avengers pour venir au secours du chevalier blanc (et lunatique) de Marvel. A partir de là, les choses sont un peu de bric et de broc. Au début, on tique un peu sur le fait que les Vengeurs traversent les USA pour tenir la discussion avec Moon Knight (ces gens-là n’auraient pas le téléphone ?) mais on se dit qu’en un sens c’est assez raccord avec certaines « interventions » vues dans Daredevil où les super-héros s’interrogeaient sur le rôle de Matt Murdock. Il faut attendre quelques pages avant de comprendre réellement ce qui se passe dans cette scène…

Bendis est cohérent avec lui-même et donne à Moon Knight une réorientation tout en s’inspirant beaucoup de certains ajouts apportés par Charlie Huston et Mike Benson (sans le même penchant pour la violence). Ce n’est pas Moench, donc, mais c’est assez compatible avec les dernières années du personnage. Là où la surprise est peut-être moins agréable c’est que Bendis nous ressort un plot qui lui est visiblement cher, avec la dépouille d’un adversaire classique des Avengers (sans doute l’un de ceux qu’il a le plus utilisé ces dernières années). Vu qu’il y a déjà fait référence la semaine dernière dans un autre comic-book, on se dit que ca commence à faire beaucoup. En termes de dessins, Alex Maleev utilise ici un style différent de celui vu sur Scarlet ou Spider-Woman, avec une approche qui sur certaines cases me fait un peu plus penser à du Walt Simonson. Le résultat n’est en tout cas pas désagréable. Difficile de savoir ce que donnera la série sur le long terme car on sait que Bendis construit ses arcs sur la durée (et on se souviendra qu’au terme d’Ultimate Spider-Man #1, après tout, Peter Parker ne faisait que dire « Whoa » en découvrant ses pouvoirs). Ici, on voit bien l’approche des auteurs et il reste à voir quelle route le personnage va prendre à partir de là. On peut-être d’accord ou pas sur l’emploi de tel ou tel super-villain mais en tout cas le personnage de Moon Knight n’est pas « trahi », pas « reformulé » de manière infidèle. Ce début n’a rien de déshonorant en tout cas.

[Xavier Fournier]