[ENGLISH] Le retour de Captain Marvel, dans le rôle d’un gardien de prison – fut-elle cosmique – au cours de Civil War avait fait grincer plus d’une dent chez les fans. Heureusement, l’un des points positifs de Secret Invasion est d’avoir réglé cette question (D’ailleurs Mighty Avengers #19 fait écho à une scène de SI #6). Ce qui ne fera pas forcément les affaires de Noh-Varr, alias Marvel Boy, son successeur naturel, lui aussi en pleine crise identitaire et en attente d’un signe de l’Intelligence Suprême…

Mighty Avengers #19 [Marvel] Scénario par Brian Michael Bendis
Dessin par Khoi Pham
Sortie américaine mercredi prochain (15 septembre 2008)

C’est bête parce que ça ne partait pas mal du tout… Pour tout vous dire, à la lecture des 7 premières pages, je pensais avoir bien blousé mes petits camarades en acceptant la patate chaude (enfin, tiède…) qu’est généralement Mighty Avengers. L’interaction potentielle entre Mar-Vell et Noh-Varr semble totalement organique. Marvel Boy est un personnage intéressant, ramené sur le devant de la scène par la mini-série Illuminati, et l’idée d’une rencontre avec son « mentor nature »l n’était pas pour me déplaire. En plus j’ai trouvé le dessinateur plutôt en forme (Si l’on en croit les crédits c’est Khoi Pham mais c’était Steve Kurth qui était annoncé). Sans doute est-ce dû au fait qu’il profite de la narration décompressée de Bendis pour mieux travailler chaque case, ces dernières n’étant pas très nombreuses. Et c’est bien là que le bât blesse…

En effet, j’en ai été pour mes frais quant à la confrontation tant attendue. En fin de compte, cet épisode est consacré à Mar-Vell et ne fait que ressasser tout ce qu’on sait déjà sur ce « clone » un peu trop parfait. Donc, oui, il est en pleine crise de conscience, et ne va pas tarder à trahir sa mission originale pour voler au secours de l’humanité. Forcément, ça ne plaît pas trop aux Skrulls, qui vont lui envoyer la fine fleur de leurs bataillons pour mettre fin à cette mascarade. Tout l’épisode n’est en fait qu’une déclaration d’amour de Mar-Vell à la Terre. Le genre de pages qui verse invariablement dans le pathos. Mais n’est pas Jeph Loeb qui veut, et Bendis ne parvient pas à créer une émotion réelle, sans doute parce que le tour du personnage a déjà été fait ailleurs, et que du coup, on n’arrive pas à se débarrasser de cet arrière-goût de délayage. La conclusion de l’épisode relance un brin la machine, mais on aurait aimé la voir arriver 12 pages plus tôt, pour enfin rentrer dans le vif du sujet. Bref, ce n’est pas encore cet épisode qui réveillera une série déjà bien moribonde. La suite au prochain numéro, certes, mais avec un entrain plus que modéré…

[Antoine Maurel]