[FRENCH] Spécialiste de la relance de licence, Dynamite s’intéresse cette fois à un univers qui, officiellement, n’en était pas un au moment de sa création : le Kirbyverse renaît, supervisé par ceux qui, en d’autres temps, furent l’équipe créative derrière Marvels (mais aussi Astro City). Kurt Busiek et Alex Ross lancent leur histoire à travers ce numéro zéro à bas prix. Trop court pour véritablement mesurer tous les tenants et les aboutissants mais en tout cas déjà beaucoup d’âme…

Kirby Genesis #0 [Dynamite] Scénario de Kurt Busiek & Alex Ross
Dessins de Jack Herbert & Alex Ross
Sorti aux USA le mercredi 25 mai 2011

La sonde Pioneer 10 contenait cette fameuse plaque descriptive permettant, dans l’idéal, à toute race extra-terrestre de définir son lieu d’origine ainsi que la nature de l’humanité. Jack Kirby, fasciné par l’exploration spatiale, s’y était intéressé et avait sa propre idée du message à envoyer vers d’autres mondes. C’est le point de départ que choisissent Busiek et Ross. Dans cette version des événements, la NASA finit par envoyer non pas la plaque classique mais un dessin de Kirby en guise d’inspiration. Et d’autres races la découvrent. C’est judicieux car celà permet de rapprocher l’histoire d’une certaine mystique propre à Kirby, manifeste dans certaines séries comme 2001 A Space Odyssey ou Race To The Moon. La sonde prend ici un peu la place du monolithe noir, si ce n’est qu’au lieu d’élever l’humanité vers l’espace, elle semble attirer l’espace vers la Terre.

Il est difficile de dire précisément ce que vaudra l’histoire de la série régulière mais cette première invitation est plutôt fascinante et évoque une horde de caractères, parfois vaguement aperçus dans des croquis de Kirby et restés au rang de concepts inachevés. Dans d’autres cas on reconnait bien plus facilement des héros comme Captain Victory mais l’assemblage est assez fascinant, sans pour autant évoquer, à ce stade, le fouillis d’un Project Superpowers où des dizaines de personnages traversent la page sans donner l’impression d’un sens cohérent. Même si ce n’est qu’un zéro et que les auteurs ont encore tout le temps pour s’égarer (ou pas) l’amorce donne en tout cas envie. Après… après il est certain que les puristes de Jack Kirby ne retrouveront pas le style et la narration propre au King (s’il était aisément duplicable ça se saurait) mais tout en n’étant pas Kirby Jack Herbert & Alex Ross donnent de la consistance aux personnages, un peu comme si les héros en question avaient vécus bien des années d’aventures « hors champ ». Ce n’est pas du Kirby mais cela fonctionne. En tout cas pour ce qui est de cette courte histoire. Reste à voir ce que Busiek et Ross feront de ce patwork de dieux cosmiques, de dinosaures et d’astronautes surpuissants. Mais pique l’intérêt, c’est certain !

[Xavier Fournier]