Avant-Première VO: Review Kings Watch #5[FRENCH] Flash Gordon, le Phantom et Mandrake voient cette semaine la fin de la minisérie Kings Watch. Jeff Parker prend un plaisir certain, tangible, a jouer avec les héros de King Features. Il fait des choix, prend des risques et joue avec la formule… Sans doute que certains puristes hurleront à la mort mais c’est puissant et ces archétypes, ces ancêtres des super-héros, sont traités ici avec toute la grandeur qui leur est due…

Kings Watch #5Kings Watch #5 [Dynamite] Scénario de Jeff Parker
Dessin de Marc Laming
Parution aux USA le mercredi 9 avril 2014

Il ne reste plus beaucoup de temps avant que les forces de Ming envahissent la Terre. Et encore ce n’est pas tout : les héros doivent aussi en découdre avec le terrible Cobra, un des adversaires les plus dangereux de Mandrake. Bon… c’est l’ultime épisode de la série et, oui, à un moment vers la fin la Terre est sauvée comme vous pouvez vous en douter. Mais la route empruntée par Jeff Parker est fascinante. Il prend le temps de construire ces personnages jusqu’à la dernière page, joue avec eux et nous réserve certaines surprises par rapport à la formule de base. Le Phantom vu ici est le contraire absolu de ce qu’on avait pu voir dans Last Phantom chez le même éditeur. Ici c’est vraiment un personnage bad ass qui pourrait regarder Batman dans les yeux et lui dire « dégage gamin, j’étais là avant ». Il y a quelque chose de très austère mais aussi cérémonieux dans ce Phantom. Plus largement il y a quelque chose que Parker a compris : la réunion de ces personnages doit en imposer parce qu’individuellement, déjà, ils en imposent. C’est d’ailleurs montré dans une très belle scène où les bad guys de service réalisent d’un seul coup qu’ils sont en face des « trois »…

Et inversement le scénariste n’a pas choisi une fidélité servile dans cette série. Les personnages ne sont pas forcément qui ils sont/étaient dans les strips d’origine (ce qui complique d’autant la vie de couple de Mandrake par exemple mais pas seulement). A certains égards j’imagine que ce que Parker fait à certains rôles secondaires de cette série pourrait être comparé à « Sins Past » pour Spider-Man. Il y a de quoi mettre en rogne certains lecteurs. Mais ici la différence (de taille !) c’est que c’est fait avec sagesse, pour le bien général du projet. Les choses retrouvent un caractère inattendu, elles ne sont pas définies depuis 80 ans. Dans ce genre d’exercice « réunion de héros différents », Parker et Laming enfoncent également de loin la série Masks publiée chez le même éditeur qui se contentait de lancer des Shadow ou Miss Fury dans le même espace sans que la sauce prenne. En tout cas pas au même niveau. Et on en arrive à cette scène finale qui est d’une classe folle, ce moment où on passe en mode « Hell yeah ! Pourquoi personne n’y a pensé avant ? » et où on se dit que, m***e, cette série aurait du être une ongoing, un mensuel illimité, qu’on va devoir faire face à un effet de manque. A défaut de ça je veux une suite, des suites, et vite… Si vous n’aviez pas donné sa chance à cette série, je ne peux que vous conseiller d’urgence de surveiller la sortie d’un TPB (ou d’une sortie française chez je ne sais qui). En tout cas c’est du bon boulot, pour des personnages qui avaient réellement besoin qu’on les prenne à nouveau au sérieux.

[Xavier Fournier]