[FRENCH] Dernier projet monté par Joe Kubert, cette série n’est pas « seulement » une anthologie reunissant des histoires produites par ce géant des comics, hélàs récemment disparu. « Joe Kubert ne présente » pas seulement son propre travail mais aussi celui d’amis que sont Brian Buniak et Sam Glanzman. Il n’en reste pas moins le moment de bravoure de ce premier numéro reste l’histoire que Kubert consacre à Hawkman…

Joe Kubert Presents #1 [DC Comics] Scénario de Joe Kubert, Brian Buniak, Sam Glanzman
Dessins de Joe Kubert, Brian Buniak, Sam Glanzman
Sorti aux USA le mercredi 31 octobre 2012

Avec la disparition récente de Joe Kubert il serait facile de se laisser avoir par la sensiblerie et de sanctifier aveuglément, de béatifier tout ce que l’artiste a pu produire. Sauf… sauf qu’il n’en est pas besoin. Au contraire ce Joe Kubert Presents montre dès les premières pages comment, jusqu’à la fin, le dessinateur sera resté une force créative titanesque. En un peu plus d’une vingtaine de pages consacrées à Hawkman, Kubert, qui travailla sur le personnage dans les années 40 avant de le relancer dans le Silver Age, ringardise totalement le travail de certains « artistes » actuels. Même si je ne suis pas totalement fan de la mise-en-couleurs un peu acidulée, cette version de l’origine de Katar Hol est à des années lumières de ce qu’on a pu nous proposer dans Savage Hawkman #0 il y a quelques semaines. Ce n’est pas vraiment une surprise… Mais c’est différent de le savoir intellectuellement et de le constater visuellement. En son temps Kubert a mis la barre si haut qu’une partie des contemporains ne peuvent même pas aspire à prendre la même direction. Même si la fin de l’histoire est un peu abrupte, même si le discours sur la protection des animaux est récité sur un ton un brin angélique et naïf, Joe Kubert signe une nouvelle fois une petite pépite. Tout comme pour le plus court « Spit », qui suit quelques pages plus loin.

Coincé entre Kubert et Sam Glanzman, Brian Buniak, auteur d’une histoire sur Angel & The Ape, souffre forcément un peu de la comparaison, d’autant qu’il est dans un registre comique, comparé aux deux vétérans qui, eux, restent sérieux. Mais à bien y regarder Buniak apporte de la diversité au bouquet. Sam Glanzman, lui, s’intéresse une nouvelle fois à la rétrospective militaire. Sans doute qu’en dehors d’Hawkman le reste ne sent pas trop le spandex super-héroïque mais on comprend, à lire l’édito de Joe Kubert, qu’il s’agissait justement d’offrir une sélection plus vaste qu’un seul genre. Objectif rempli !

[Xavier Fournier]