[FRENCH] Cette semaine retour sur les débuts d’un personnage que nous avons déjà étudier dans une précédente chronique. Alter Ego vol. 3 #60 (le magazine de référence sur l’histoire du golden age et du silver age) commémore la parution de Showcase #4 (1956 Series) qui marque le début du silver age avec la parution de Flash [Barry Allen]. Plusieurs témoignages sont apportés car, aussi bizarre que cela puisse paraître personne n’est vraiment capable de dire qui est responsable du silver age.

Plus exactement, plusieurs personnes revendiquent plus ou moins cette création. Julius Schwartz, le légendaire Editor de DC Comics, explique que lors d’une réunion des Editors Irwin Donenfeld demande qui a une idée de nouveauté pour les prochains titres. Schwartz se souvient que c’était son « tour » de proposer quelque chose. Il propose alors de faire revenir The Flash (qui au départ devait s’appeler Captain Whiz selon Carmine Infantino).

L’écriture de l’histoire est confiée à Robert Kanigher (le légendaire Editor de la ligne de comics de guerre). Ce dernier revendiquera d’ailleurs plusieurs fois la paternité du silver age. Mais le caractère outrancier bien connu de l’homme affaiblira cette assertion. D’ailleurs, le deuxième épisode de Showcase #4 (1956 Series) n’est pas scénarisé par Kanigher mais John Broome. Enfin, l’épisode (et la couverture) est dessinée par Carmine Infantino.

Nous pouvons donc dire, sans trop nous tromper, que la création de Flash [Barry Allen] est un travail d’équipe dans lequel chaque acteur a eu une part importante mais pas prépondérante. Quoi qu’il en soit, revenons maintenant sur les premiers pas de Flash [Barry Allen] en France.

Comme nous l’avions déjà vu dans French Collection #82, c’est Artima – Arédit qui publie pour la première fois Flash [Barry Allen] dans le Petit Format éponyme. Mais l’éditeur nordiste ne commence pas par l’épisode de Showcase #4 (1956 Series). Bien que le personnage soit fortement ancré dans l’histoire d’Artima – Arédit il semble que Sagédition va essayer de reprendre la licence à son compte en profitant d’une certaine « éclipse » du personnage dans les publications de l’éditeur nordiste.

C’est donc dans Superman et Batman & Robin 1ère série n° 13 que sera publié l’épisode de Showcase #4 (1956 Series). Sagédition avait visiblement de grandes ambitions pour ce personnage puisqu’il a même les honneurs de la couverture reléguant les deux héros titre en arrière-plan.

Barry Allen est un policier scientifique fiancé à la charmante journaliste Iris West. Cette dernière est extrêmement dynamique et reproche à Barry son éternelle nonchalance et ses retards à répétition à leurs rendez-vous.

Barry est en fait un peu rêveur et aime bien prendre son temps notamment en lisant les aventures de Flash [Jay Garrick], son héros de comic préféré. Cette mise en abime est très intéressante et est le prémices du concept de multiverse qui marquera fortement la continuité super-héroïque de DC Comics. Il est possible que cette référence est un apport de Julius Schwartz qui en tant qu’ancien agent d’écrivain de Science-Fiction était extrêmement familier avec le concept de multiverse mais également scénariste du Flash historique qu’était Jay Garrick. Mais Robert Kanigher était également un ancien scénariste de Flash [Jay Garrick].

Un soir d’orage, un éclair vient frapper une armoire de produit chimique. Tous les flacons explosent sous l’impact et Barry est assommé en même temps que recouvert des différentes substances. Visiblement il n’y a pas d’acide et il est même à se demander comment il a survécu alors que la foudre est tombée à quelques centimètres de lui.

Alors qu’il essaye de rentrer chez lui, Barry rate le dernier taxi. Il se met alors à courir pour le rattraper et stupéfait le dépasse. Il s’arrête dans un restaurant en pensant avoir rêvé. Et là, la serveuse renverse son repas sur lui. Mais tout ce passe comme si le temps était figé et Barry rattrape les aliments au vol (ce qui nous vaut une composition visuelle exceptionnelle de Carmine Infantino).

Le lendemain, se convainc qu’il a rêvé les évènements de la veille. Mais alors qu’il arrive en retard, comme toujours, à son rendez-vous avec sa fiancée Iris (rebaptisé Chris en français [sic] alors que Flash [Barry Allen] est régulièrement appelé L’Eclair) il voit une balle se diriger au ralenti vers elle. Il plonge sur elle et la sauve. Il comprend alors qu’il possède les mêmes pouvoirs que son idole de papier. Il met alors au point un costume écarlate qu’il dissimule sous une forme compressée (comme Superman le fera également dans une des poches de sa cape) dans le chaton d’une bague spécialement adaptée. Lorsqu’il presse un bouton, la bague éjecte le costume et celui-ci chimiquement traité se gonfle tout seul à l’air libre. Flash [Barry Allen] se déplace tellement rapidement qu’il est invisible à l’œil nu, ce qui lui permet d’enfiler le costume sans problème.

Il part alors à la poursuite de l’homme qui a tiré sur Iris et qui est surnommé The Turtle Man car il est l’homme le plus lent du monde. Le ressort scénaristique d’association des contraires est assez classique. Et bien sûr Flash [Barry Allen] arrivera néanmoins à capturer The Turtle Man. Alors qu’il le livre à la police, il est interviewé par des journalistes qui remarquent d’ailleurs la similitude entre son costume et celui de Flash [Jay Garrick]. Il y a visiblement des anciens lecteurs de comics dans les rangs de la presse ! Alors qu’un journaliste lui demande son nom il répond spontanément Flash. Le mot de la fin reviendra à Iris qui rêve de rencontrer cet homme formidable qu’est The Flash sans savoir qu’il est à ses côtés, marchant ainsi là aussi assez classiquement sur les pas de son illustre ainé Loïs Lane.

Mais si les journalistes ont remarqué la similitude entre les costumes des deux Flash, ils auraient également pu remarquer les différences et notamment le masque de The Flash [Barry Allen] et s’interroger sur sa présence. Les lecteurs fidèles de Sagédition eux connaissent déjà la réponse. Car assez étrangement, Superman et Batman & Robin 1ère série n° 13 ne marque pas la première apparition de The Flash [Barry Allen] dans la série.

En effet, ils ont pu découvrir le personnage dans Superman et Batman & Robin 1ère série n° 11 et apprendre pourquoi The Flash [Barry Allen] porte un masque. Dans cet épisode Barry se pose la question d’enlever son masque comme son modèle de papier. En effet, Flash [Jay Garrick] ne portait pas de masque. Dans un premier temps, il apparaissait à la lecture des épisodes qu’il ne possédait pas vraiment d’identité secrète. Plus exactement que tout le monde savait que Jay Garrick possédait des super pouvoirs. Puis, avec le temps cette partie de son personnage fut réécrite. En fait, Flash [Jay Garrick] vibre en permanence troublant ses traits de manière à ne pas être reconnu.

Dans l’épisode c’est en faisant un rêve où il est gêné par une célébrité naissante liée à ses exploits que The Flash [Barry Allen] décide de protéger son identité secrète en continuant d’agir masqué.

[Jean-Michel Ferragatti]