[FRENCH] Boom! retouche à nouveau au genre « science-fiction intersidérale » à travers Insurrection V3.6, nouvelle minisérie où transparaissent des influences littéraires comme Philip K. Dick, Isaac Asimov ou Robert A. Heinlein. Quelque part dans l’espace des soldats façon Starship Troopers font la guerre, tout en se demandant, en bons « répliquants » qu’ils sont, s’ils ont une âme. Bonne surprise : ce cocktail marche beaucoup mieux qu’on pourrait le croire.

Insurrection V3.6 #1 [Boom] Scénario de Blake Masters, Michael Alan Nelson
Dessins de Michael Penick
Sorti aux USA le mercredi 9 mars 2011

Dans un futur lointain l’humanité a transformé la Terre en un véritable paradis utopique. Ses ressources, elle les prend désormais dans l’espace, sur d’autres planètes, où plusieurs corporations se disputent les mines de façon guerrière. Heureusement, pour travailler au fond des mines tout comme pour faire la guerre à leur place, les humains (les « skins ») peuvent se faire remplacer par des androïdes (les « aut ») en théorie sacrifiables. Jusqu’au jour où un des militaires artificiels sort de la chaîne d’assemblage en posant des questions sur ce qu’il est et sur ce qu’il devrait faire. Blake Masters et Michael Alan Nelson synthétisent ici un certain nombre d’archétypes de la SF mais le résultat (en tout cas dans ce premier épisode) est efficace. Le ton a quelque chose de cinématographique et on l’impression de lire l’adaptation dessinée d’un (bon) blockbuster.

Il faut dire qu’à chaque fois que Boom s’est lancé dans ce genre de récit, le dessin n’a pas toujours été à la hauteur (ou peut-être que les dessinateurs n’avaient pas le temps/budget nécessaire) et on s’est parfois retrouvé dans de piètres décors, avec des vaisseaux qui semblaient sortis d’un Kinder ou quelque chose du genre. Ici, ce n’est absolument pas le cas. Le dessinateur Michael Penick donne de l’âme, de l’efficacité et du détail à tout ca. Dans une profession où la nouvelle génération n’est pas toujours capable de dessiner le même personnage d’une case à l’autre, Penick joue à fond sur le côté « androïde/produit de masse ». Ses décors et ses perspectives sont construits et donnent l’impression d’un contexte défini, détaillé. On verra à l’usure ce que Penick donne sur les autres épisodes. Mais Insurrection V3.6 commence bien mieux que pourrait le laisser croire la couverture un peu bourrin. Je ne dis pas que ça va changer la face des comics mais en tout cas en refermant le numéro, je suis retourné voir combien il y aurait d’épisodes en regrettant qu’il n’y en ait que quatre. Et ca c’est plutot bon signe.

[Xavier Fournier]