Requiem a réécrit les règles de la réalité, fusionnant les héros existants en des versions hybrides, les Infinity Warps. Mais ce mensonge ne peut résister à Loki, le dieu des menteurs, qui ironiquement se retrouve dans une position où il doit tenter de réveiller les souvenirs des champions concernés, espérant trouver de nouveaux alliés.

Infinity Wars #4Infinity Wars #4 [Marvel Comics]
Scénario de Gerry Duggan
Dessins de Mike Deodato
Parution aux USA le mercredi 10 oct 2018

Infinity Wars #4 représente un tournant dans la minisérie puisque les règles du jeu ont été changées à la fin de l’épisode précédent. Tous ceux (ou presque) qui s’en prenaient à Requiem se retrouvent maintenant dans de nouvelles vies, avec de nouveaux souvenirs qui font qu’ils sont bien loin de se douter de la menace. Seul Loki demeure en position de perturber les choses, un peu dans le même poste que le Bishop d’Age of Apocalypse ou le Flash de Flashpoint. Il faut donc reconstituer les rangs des héros et Gerry Duggan surprend en n’utilisant pas seulement les Infinity Warps qui font l’objet de numéros spéciaux mais aussi des mélanges de son choix. Pour preuve le « Logan Frost » que Loki rencontre en premier. Bonne utilisation, aussi du Wolviphoenix employé par ailleurs dans les Thor actuels de Jason Aaron. La texture du monde fusionné est donc plus riche que ce que les one-shots nous laissent entrevoir. Ce qui fait que d’une part c’est un peu dommage pour les one-shots concernés mais qu’inversement ils ne nous laissaient entrevoir une telle reprise. Pour autant que les Infinity Warps occupent les esprits, ils n’occupent pas exclusivement l’épisode. Duggan nous montre que de « l’autre côté du miroir » il reste quelques héros non-mélangés qui peuvent encore s’opposer à Gamora. Là pour le coup, à la réception des nouveautés mercredi dernier, c’était une vraie surprise de voir deux héroïnes – que Marvel a plutôt délaissé ces dernières années – subitement avoir droit à un tel moment de bravoure. Mais les annonces survenues depuis sur la prochaine relance des Guardians of the Galaxy expliquent la chose.

« It can’t be a coincidence. »

Mike Deodato est bien entendu le dessinateur très régulier que l’on connait mais le fait que les héros se reprennent, soient un peu plus impliqués dans l’action et moins simples témoins des agissements de Requiem, lui donne l’occasion de dessiner quelques scènes plus punchy. Il faut dire aussi que les premiers épisodes d’Infinity Wars étaient plein de scènes où quinze personnages échangeaient des informations ou gesticulaient ensemble. Là, le fait qu’on traire les choses plus par « petits paquets de protagonistes » permet de à l’artiste de reprendre les commandes de la narration. On a l’impression qu’Infinity Wars se réveille. Même si c’est un peu tard dans le déroulement de la série, c’est déjà ça.

[Xavier Fournier]