Avant-Première VO: Review Green Arrow: Rebirth #1[FRENCH] Oliver Queen continue de protéger Seattle. Cette fois, quelqu’un s’en prend aux laissés pour compte de la société. Les SDF, les anonymes, disparaissent les uns après les autres. Il n’y a guère que Green Arrow pour s’en préoccuper. Mais tiens, non, il y a aussi cette autre justicière récemment arrivée en ville, cette Black Canary qu’il connait à peine. Un petit coup de Rebirth et les choses pourraient bien changer…

Avant-Première VO: Review Green Arrow: Rebirth #1Green Arrow: Rebirth #1 [DC Comics] Scénario de Benjamin Percy
Dessins d’Otto Schmidt
Parution aux USA le mercredi 1er juin 2016

Benjamin Percy et Otto Schmidt reprennent en main le destin d’Oliver Queen et nous montrent, en quelques pages, tout ce qui fait que ce personnage, malgré les apparences, n’est pas Batman mais n’est pas non plus Hawkeye. Le voici donc sur la piste d’une organisation qui s’attaque aux pauvres et qui, en cours de route, croise le chemin d’une Black Canary qu’il connait à peine. Celle-ci devient alors une véritable observatrice, un peu l’œil du lecteur dans cette histoire, puisqu’elle fait véritablement connaissance avec Green Arrow. Et celui-ci, de manière subtile, montre ce qui le distingue de la plupart de ses collègues. Fini le type obsédé par la gloire, tel qu’on le montrait dans les premiers « New 52 ». Oliver est quelqu’un qui se préoccupe, qui s’il le faut passe lui-même le shampoing, de façon paternelle, à un enfant démuni. Ce n’est pas Batman, qui aurait délégué ça à Alfred. La faiblesse de ce numéro, s’il faut en chercher une, elle vient peut-être d’une tendance à insérer les personnages dans une histoire un peu à la Snyder/Cour des Hiboux : la ville est corrompue par une organisation avec des gens masqués, en lieu et place des Talons on a des créatures grisâtres sans grand charisme… Mais dans le même temps ce n’est qu’une ébauche et on sent que les auteurs cherchent avant tout à mettre l’accent sur les liens (re)naissants entre Green Arrow et Black Canary…

« It’s all right. We’ve only met once before. »

Etre réactionnaire, c’est bien souvent réagir au présent en s’enfermant dans le « c’était mieux » avant. Le lectorat des comics collectionne souvent depuis des années et on peut le caricaturer comme réfractaire au changement. Mais ce n’est pas forcément vrai et l’histoire du genre est au contraire faite d’évolutions. Prenez le Green Arrow des années 40 et voyez, par exemple, comment Bob Haney et Neal Adams l’ont transformé en 1969. De playboy/Boy-scout, il était passé à un activiste fort en gueule, avec un tout nouveau look et une barbiche caractéristique. C’était une avancée. Ce n’est donc pas le problème que les New 52 aient changé les choses mais bien que, dans bien des cas, ces choses nouvelles n’arrivaient pas à la hauteur de ce qui précédait. Tout n’était pas à jeter dans les 52 précédents numéros de Green Arrow, Jeff Lemire, en particulier s’est bougé pour donner du relief au personnage. Et Andrew Kreisberg et Ben Sokolowski ont importé Felicity de la version TV, ce qui faisait sens. Mais le personnage résultant n’était pas ce justicier unique au caractère bien trempé. Sans parler de la bêtise de lui couper toute attache, tout lien, avec Black Canary alors que pourtant le grand public les retrouvait sur le petit écran. Ce constat, DC l’a finalement fait. Et dans la droite lignée du DC Universe Rebirth Special de la semaine dernière, qui officialisait ce manque, Green Arrow: Rebirth puise dans le patrimoine pour en ramener d’urgence ce qui donnait le charme de l’archer vert : sa conscience sociale, son côté grande gueule, sa barbiche et enfin son alchimie bien particulière avec Black Canary. Et tout ça en un épisode. Niveau dessin, Otto Schmidt nous donnent des pages pas toujours très régulières ou inspirées à la même hauteur mais qui se rapprochent parfois, sur certains effets, d’un Sean Gordon Murphy, ce qui n’est donné à tout le monde. On verra ce que donnera la série régulière Green Arrow une fois relancée. Mais en tout cas ce numéro-là nous rend le vrai Green Arrow (c’est un peu plus délicat à dire sur Black Canary, qui se définit moins pour l’instant), ses motivations et son caractère.

[Xavier Fournier]