[FRENCH] Alors que les émissaires du Serpent continuent de s’incarner en prenant possession de certains criminels ou héros de l’univers Marvel, Fear Itself fait comme tout crossover. Matt Fraction en est arrivé au moment où il faut sacrifier un des personnages pour valider l’importance des événements. Mais pour l’instant tout ça est bien poussif et ressemble à un crossover écrit en suivant une checklist…

Fear Itself #3 [Marvel Comics] Scénario de Matt Fraction
Dessins de Stuart Immonen
Sorti aux USA le mercredi 1er juin 2011

Qu’on ne s’y trompe pas : Je ne pense pas que Fear Itself soit le plus mauvais crossover que Marvel nous ai donné ces dernières années. Il est à mon sens bien supérieur à Siege ou Secret Invasion. Et une partie de ses défauts n’est pas à reprocher au seul Marvel (après tout DC est souvent tombé dans certains travers identiques, comme dans Final Crisis par exemple). Mais il est clair que j’attendais de Matt Fraction une sorte d’écart, quelque chose qui échapperait au canevas du crossover écrit façon Bendis pour nous proposer une autre structure. Peut-être que c’est la faute de ces week-end de « retreat » où Marvel réunit ses principaux auteurs pour discuter le bout de gras mais malgré les espoirs soulevés lors du premier épisode, Fear Itself tourne comme un moteur dont on connait déjà largement le ronronnement. Arrivé au troisième numéro, comme on pouvait s’y attendre, vient le moment de dégommer un héros (de toute manière Marvel en tue un tous les deux mois en ce moment, non ? J’ai perdu le compte). Et là il est difficile d’échapper au double sentiment de déjà vu et de « prévisible ». Car franchement ce personnage avait une croix au dessus de la tête depuis des mois, tant il était évident qu’avec le retour de son mentor il était devenu surnuméraire. Franchement, qui pouvait ne pas le voir venir ?

Qui plus est, s’il y a un reproche qu’on ne peut pas faire à Stuart Immonen c’est de ne pas maîtriser la narration. Depuis des années il nous a montré qu’il sait faire et que c’est même un de ces points forts. Et voilà que là cette mort est racontée de manière très linéaire, sans grande intensité (on est bien loin de la Mort de Captain Marvel, c’est certain). Je crois que le problème de ce genre de crossover c’est qu’ils sont désormais écrit trop « by the book » et qu’ils négligent l’élément humain. Les « morts » ne sont plus des « game changers » à force d’être trop téléphonées. A l’inverse si quelques civils marquants étaient plus impliqués (mettons, je ne sais pas, que Jameson semblerait mourir à la fin de l’épisode) on se poserait plus la question des retombées sur telle ou telle série. Outre les morts en carton pâte je regrette un peu que les émissaires du Serpent n’aient pas plus d’autonomie, ce qui fait qu’on peut les considérer comme moins responsables de leurs actes. Là où c’est carrément surprenant c’est que le même Matt Fraction arrive instaurer un vrai sens de menace dans ses actuels Invincible Iron Man, liés à l’événement. A croire, vraiment, que Fear Itself est piloté par l’hydre Marvel moins que par l’auteur. Comparé à Flashpoint qui n’en est qu’à deux numéros, Fear Itself fait quand même « petit bras ». Espérons que cette mort soit un sacrifice qui permet de tourner la page sur la première moitié du crossover, histoire de passer, enfin, aux choses sérieuses…

[Xavier Fournier]