Avant-Première VO: Review Doctor Strange #1[FRENCH] Doctor Strange reprend du service et Jason Aaron choisi la voie du « back to the basics » : entre deux invasions venues d’autres dimensions, Stephen Strange s’occupe aussi des tracas des gens normaux qui ne savent pas comment faire face à l’occulte. C’est un peu court mais, bon sang, qu’est ce que celà fait du bien de lire ce Doctor Strange !

Doctor Strange #1Doctor Strange #1 [Marvel Comics]
Scénario de Jason Aaron
Dessins de Chris Bachalo, Kevin Nowlan
Parution aux USA le mercredi 7 octobre 2015

Il est assez courant de taper sur les films de Marvel et sur la pression qu’ils font subir aux comics… Mais là ne nous y trompons pas : A la faveur du All-New All-Different Marvel et dans la perspective d’un futur film Doctor Strange, on revoit enfin une série régulière consacrée au Sorcier Suprême. Non, je ne parle pas d’un titre Illuminati/New Avengers où le dit sorcier passerait son temps à faire les mauvais choix, à se demander s’il est bien le sorcier principal de sa dimension où s’il ne faut pas encore signer un pacte avec un démon quelconque. Non, je parle d’une série réellement centrée sur Doctor Strange, qui se préoccupe de lui et qui rende au personnage un peu de lustre. Si on laisse de côté quelques mini-séries, voilà 19 ans (oui 19 ans !) que l’œil d’Agamotto n’avait pas brillé dans une ongoing. Plus encore, c’est la créative team qui est intéressante ici. Si c’est clairement un épisode de réintroduction pour remettre les montres de tout le monde à la même heure et si l’on échappe pas à l’effet « début d’un arc », Jason Aaron est clairement décidé à retrouver l’esprit des premières années de Doc Strange. D’une part avec des patients au sommeil troublé, de l’autre avec des créatures venues de noires dimensions.

« I’d be lying like hell if I said I didn’t love this »

Chris Bachalo, lui, ne prétend pas être Steve Ditko et ne tente pas de lorgner sur son style. Mais dans le cas présent, ce qui est parfois un défaut de Bachalo (la mise en page chaotique et surchargée, souvenez-vous de son lointain Steampunk) joue à son avantage. Le côté décousu, décentré, fonctionne assez bien avec l’idée d’autres règles physiques, dans lesquelles on n’est pas supposé tout comprendre. Surprise, une back-up par le trop rare Kevin Nowlan est plus académique (mais on sent que certains personnages correspondant aux designs de Bachalo). Ce qui est bien avec ce Doctor Strange, c’est qu’il est reader-friendly. Si vous avez manqué les dernières décennies d’histoire du personnage et même si vous ne connaissez que les grandes lignes, ce premier numéro ne nécessite pas d’avoir lu Secret Wars, les New Avengers ou tout le toutim. Aaron installe aussi le mage parmi ses pairs, délimite les relations… l’histoire principale nous laisse un peu sur notre faim tant on aurait aimé lire quelques pages de plus mais c’est un bon démarrage. Et là pour le coup c’est bien LE Doctor Strange qu’on retrouve, dans tout ce qu’il a de plus fun (ça me parait très raccord avec les années Roger Stern) et de plus classique…

[Xavier Fournier]