[FRENCH] Pris le lit d’une de ses maîtresses, Conan est obligé de fuir en catastrophe, la queue entre les jambes (au propre comme au figuré) le pays où il sévissait jusqu’alors. Sans but réel, il est cependant sauvé par deux jolies donzelles qui ont besoin de lui pour rechercher le trésor oublié d’une île abandonnée. Enfin « abandonnée »… disons surtout qu’elle est maudite. Et çà, c’est un job pour Conan le Barbare…

Conan: Island of No Return #1 [Dark Horse Comics] Scénario de Ron Marz
Dessins de Bart Sears
Sortie aux USA le 15 juin 2011

Avec la fin à venir de ses activités sur Witchblade, la sortie d’un creator owned chez Image (Shinku) et de futurs projets chez DC Comics, Ron Marz ne manque pas de travail en ce moment. Il a cependant trouvé le temps de glisser cette mini-série en deux parties sur une « île sans retour », où il utilise à merveille les archétypes du héros cimmérien. Si on aime Conan, on est en terrain de connaissance. Le personnage n’est pas trahi (même si la scène d’ouverture et la situation scabreuse qui est la sienne implique une petite touche d’humour). Après, il faut bien dire que l’histoire se résume assez vite. Le héros fuit un royaume suite à une histoire de coucheries, tombe sur deux chasseuses de trésor qui le recrutent pour aller sur une île supposée hantée. Ils y vont et on sent bien que tout ça va dégénérer. Vite résumé, c’est vrai, mais les petites touches comme l’humour précédemment cité font que tout ca ne fait pas vide.

Aux dessins, on a la surprise de retrouver Bart Sears dont l’affection pour la Fantasy n’est plus à démontrer. Comme Ron Marz, Sears est un ancien de Crossgen mais on a pu le voir aussi sur des séries comme Warlord. Sears ne laisse pas indifférent. Certains aiment, d’autres détestent. J’aurais tendance à dire (et à mon avis ce numéro en est un bon exemple) que Sears est un excellent narrateur mais que trop souvent ses personnages sont parcourus de traits d’autant plus improbables qu’ils sont trop épais. Avec un coloriste plus présent (plus proche d’une sensibilité européenne) ou si la mise en couleur était réalisée directement sur les crayonnés, on aurait sans doute quelque chose de beaucoup plus agréable au regard. N’empêche que la narration de Sears fait le job et contribue à animer cette histoire. A partir de là c’est simple, soit vous le style de Sears vous bloque d’entrée (et là, bon, c’est sans espoir et j’aurais tendance à vous dire qu’il y a assez de comics de Conan qui sortent régulièrement pour que vous trouviez ailleurs votre bonheur), soit il vous convient et à partir de là Conan: Island of No Return devient un récit très reader-friendly, qui devrait plaire en particulier à ceux qui ont perdu de vue le barbarbe depuis quelques années. De l’épopée barbare classique, c’est vrai, mais efficace.

[Xavier Fournier]