[FRENCH] Après avoir exploré les origines de James Barnes, Captain America & Bucky s’intéresse à une autre combinaison : le Captain America et le Bucky qui ont succédés aux originaux dans l’après-guerre. Steve Rogers rencontre du coup un Bucky vétéran avec qui il n’a jamais travaillé. Une histoire axée à fond sur la continuité, qui fera le bonheur des lecteurs de longue date (mais, du coup, n’est pas très « reader-friendly » pour d’éventuels nouveaux).

Captain America & Bucky #625 [Marvel Comics] Scénario d’Ed Brubaker & James Asmus
Dessin de Francesco Francavilla
Sortie aux USA le mercredi 28 décembre 2011

Dans les années 70, pour tenter d’expliquer comment Captain America avait pu faire partie du All-Winners Squad jusqu’en 1949 (alors que Stan Lee avait ensuite fixé la date de son hibernation à 1945), Marvel expliqua la chose en mettant sur pied une dynastie de remplaçants qui s’étaient succédés jusque dans les années 50. Les lecteurs du Captain America de Brubaker ont pu retrouver ces dernières années le 4ème Cap (celui des fifties) tandis que le troisième (Jeff Mace) a fait l’objet de la récente mais méconnue minisérie Captain America: Patriot. Mais le deuxième Cap (ex-Spirit of 76) restait surtout limité à quelques mentions passagères tandis que son Bucky, Fred Davis, était devenu membre du V-Battalion. Si vous n’étiez pas dans la confidence de ce genre de continuité, nous vous avons sans doute déjà un peu égaré. Mais l’important reste que cet arc nouveau est consacré à explorer l’héritage du moins connu des Captain America. James Asmus, rédigeant désormais la série avec le soutien de Brubaker, s’en tire d’abord assez bien dans un récapitulatif des événements liés au remplacement initial de Cap & Bucky ainsi qu’à la mort de Cap II.

Aux dessins Francesco Francavilla donne un travail intéressant mais la couleur sombre sous des couches d’orange sous prétexte que c’est un flashback. Et certains cadrages « artistiques » s’égarent un peu (par exemple le passage où le président briefe les deux nouveaux héros et où on nous montre… un bibelot sur le bureau alors qu’il aurait sans doute été plus explicite de montrer plus le Spirit of 76’s). Disons que Francavilla cherche à explorer un peu le même esprit que l’actuelle série Daredevil mais qu’il y a encore une différence de niveau. Dans l’ensemble le tout est sympathique (mais on aurait pu espérer que quelqu’un se souvienne que Fred Davis fait partie du V-Battalion car là on a l’impression qu’il n’en a aucun souvenir, à part des références obliques). Je reste convaincu que c’est surtout efficace pour les nostalgiques de ce vieil épisode de What If où on avait expliqué cette « dynastie ». Mais on peut admirer le jeu des auteurs pour livrer un contenu original depuis que la série est devenue Captain America & Bucky. Après l’arc qui changeait l’axe et faisait du premier Bucky l’acteur principal, voici donc la doublette que personne n’attendait. Dans le marché actuel c’est plutôt risqué. Mais enfin bon, c’est justement plutôt bien qu’on tente un arc différent…

[Xavier Fournier]