Avant-Première VO: Review Captain America #22

Avant-Première VO: Review Captain America #22[FRENCH] Steve Rogers n’est plus en état d’assumer ses fonctions de Captain America. Qui plus est il est au centre d’une campagne médiatique qui l’attaque sans raison (à croire que Rick Remender a des talents prémonitoires). Et dans l’ombre, les ennemis de Captain America ont rarement été si puissants. Un excellent épisode, quoiqu’en disent quelques illuminés…

Captain America #22Captain America #22 [Marvel Comics]
Scénario de Rick Remender
Dessin de Carlos Pacheco
Parution aux USA le mercredi 2 juillet 2014

J’avais fait mon planning de reviews il y a quelques jours, bien avant qu’une meute de fanatiques décident de nous prouver que la connerie et l’obscurantisme sont encore de ce monde. Je vais donc d’abord vous dire ce que j’ai pensé en lisant ce numéro. D’abord, aux dessins, c’est le retour d’un Carlos Pacheco en forme, qui donne beaucoup de mouvements aux hordes de « mutates » mais joue également sur les bons ressorts, bien posés, sur des scènes en apparence plus calmes (Steve au repos, ou encore le dialogue Falcon/Jet) qui sont déterminantes pour l’histoire. Captain America #22 est d’une manière générale un excellent cru. Dès les premières pages, on a la sensation que des plans lancés dès le #1 sont en train de prendre forme, de converger. Le Iron Nail m’avait un peu perdu avec des personnages un peu trop cartoon à mon goût (le Nail lui-même était un stéréotype asiatique comme je n’en avais pas vu depuis le dessin animé Iron Man des années 90 et son Mandarin). Mais là, des éléments éparpillés sont en train de former une trame très inspirée et tout cela donne une impression de force.

J’aime aussi particulièrement la gestion du Falcon par Remender. Il faut bien dire que le personnage est traité comme quantité négligeable par beaucoup de gens, que, lorsqu’il est dans les Avengers il fait surtout de la figuration. Son dernier coup de « boost » remonte à l’époque où Geoff Johns écrivait les Avengers. Là, en quelques mois Remender l’a remis dans la boucle comme le personnage qui symbolise l’âme de Steve, qui fait les bons choix même quand Cap lui-même se laisse aller à trop suivre les ordres. Et voilà que l’on s’intéresse à nouveau à la vie privée de Sam Wilson, que l’on fait enfin à nouveau quelque chose de lui, qui joue d’ailleurs sur la dynamique du titre. Si d’aventure la situation de Steve devait continuer (et Marvel semble le dire), alors Sam Wilson ferait un excellent substitut. En tout cas, il monte en puissance et c’est très appréciable. Le seul reproche que j’aurai avec cet arc est que l’on peine à mettre en place tout cela avec ce qu’écrit le même Remender dans Uncanny Avengers. Est-ce que c’est avant ? Après ? Pendant ? Répondre à la question serait sans doute spoiler l’un ou l’autre. Mais enfin il y a un curieux contexte chronologique et ce serait bien que l’auteur puisse le clarifier le plus tôt possible.

Maintenant, tout cela pourrait être remis en cause par un groupuscule d’abrutis qui ont décidé d’avoir la peau de Remender (« ouais super le web est un espace de liberté, utilisons-le pour montrer à quel point l’être humain est con »). Depuis quelques jours, en effet, des appels à pétition visent à faire virer l’auteur pour une supposée scène de viol (qui plus est une scène de viol sur mineure avec des sous-entendus racistes) qu’il y aurait dans ce numéro. Sauf que cela n’existe pas du tout dans cet épisode. Crier « au loup » de la sorte, c’est un mensonge de la pire espère, insultant non seulement envers Remender et la série mais aussi envers les vraies victimes de ces actes odieux. Les demeurés qui se lancent dans ce genre de rumeurs et d’attaques devraient être condamnés à des heures de travaux d’intérêt général, cela leur ferait les pieds. Malheureusement, ce n’est pas nouveau et les fans de comics, en particulier, devraient être vaccinés. On a eu droit aux attaques de Fredric Wertham et Gershon Legman qui s’attaquaient aux comics à coups de scènes inventées, les articles où un crétin tient le compte de dizaines de scènes de crimes imaginaires sont légion. N’importe quoi pourvu que cela mousse, pourvu que de « bons cons » qui n’ont pas lu l’épisode mais qui font confiance à leur prochain tombent dans le panneau. Ce ne sont pas seulement Remender, Marvel ou Captain America (ce qui est déjà largement dérangeant en soi) qui sont insultés par ce genre de conduite mais toute la communauté des lecteurs de comics (lecteurs ou pas de Cap d’ailleurs) que l’on tente de faire passer pour des pervers racistes. Les héritiers modernes de Wertham ont twitter et Facebook pour déverser leur désinformation, welcome to the 21th century… Mais enfin si vous voyez passer une thread ou un hashtag lié à cette affaire, n’hésitez pas à vous exprimer parce que ces « gens » tentent de vous faire passer pour ce que vous n’êtes pas.

[Xavier Fournier]

Be Sociable, Share!