[FRENCH] Ils sont revenus pour une raison… Mais laquelle ? Battant le fer pendant qu’il est chaud, Geoff Johns, désormais en tandem avec Peter Tomasi, surenchérit sur le succès de Blackest Night en s’intéressant à la douzaine de personnages qui ont été touchés le plus par les événements. Et ça démarre fort…

Brightest Day #0 [DC Comics] Scénario de Geoff Johns, Peter Tomasi
Dessins de Fernando Pasarin
Parution aux USA le mercredi 14 avril 2010

12 personnages sont revenus à la vie à l’issue de Blackest Night. En apparence, cette brochette de ressuscités n’a aucun dénominateur commun. On y trouve aussi bien des héros confirmés que les pires criminels, ou encore des personnages ambivalents capables de basculer d’un côté ou de l’autre selon où le vent les portera. Mais ce serait bien mal connaître Geoff Johns de penser qu’il a disposé ses pions au hasard. Ce Brightest Day #0 est donc l’occasion de passer les 12 principaux pions en revue : Deadman, seul personnage a avoir conservé son anneau blanc, est mystérieusement transporté vers les 12 « revenants » (encore qu’on notera que d’autres ont été ramenés à la vie mais ne sont pas cités, comme l’Anti-Monitor) en ce demandant bien dans quel ordre le puzzle peut être assemblé. Non seulement Boston Brand passe les troupes en revue mais c’est aussi une visite en règle de l’univers DC, avec des endroits récemment « touchés », comme Star City. On sent d’emblée que la série va brasser bien des concepts, que les intrigues vont être nombreuses. Si vous pensiez qu’il s’agissait seulement de distribuer des anneaux blancs à tout ce beau monde, les choses semblent d’emblée plus riches et plus complexes. La lumière blanche n’est pas la seule source de pouvoir qui fait sentir son emprise dans ces pages (et Johns y va de son astuce désormais bien connue qui est de donner un aperçu de l’année à venir à travers des scènes très captivantes).

Et surtout, il n’y a aucun sentiment de rupture avec Blackest Night. Si vous avez aimé « BN », il y a peu de chance que vous détestiez Brightday. Il n’y a pas (en tout cas pas pour l’instant) de zombies avec des anneaux noirs mais non seulement les deux sagas s’enchainent et surtout on retrouve une approche commune : Là où Blackest Night donnait le beau rôle à Green Lantern et Flash (qui sont d’ailleurs sur la couverture de ce numéro #0 tout en n’étant que des guests à l’intérieur), Brighest Day énumère des seconds couteaux qui sont cependant importants et ne demandent qu’à retrouver du lustre: Aquaman, Hawkman, Martian Manhunter et les autres couvrent une bonne partie de l’univers DC. A travers eux ce n’est seulement pas le destin individuel de chacun qui est concerné. Et l’exemple de Star City montre bien que d’autres régions seront concernées. Le dessin de Fernando Pasarin n’est pas désagréable, à plus forte raison parce qu’il ne « jure » pas avec la couverture de David Finch. Les deux dessinateurs ont des styles et des compétences propres mais ils sont compatibles. Tout au plus niveau visuel on s’étonnera que Captain Boomerang soit représenté avec tout son attirail au fond d’un cachot, comme si on enfermait un criminel avec son arsenal. Mais c’est une peccadille dans une globalité excellente… Cet épais Brightest Day #0 donne donc une impression globale de cohérence et d’efficacité. Le lectorat de Blackest Night n’est visiblement pas orphelin : Brightest Day va bien les occuper pour l’année qui vient et DC tient sans doute sa locomotive pour le restant de 2010… Du tout bon…

[Xavier Fournier]