[FRENCH] Batman Inc. a un défaut majeur : celui de ne pas sortir plus souvent ! Voici donc le début d’un nouveau segment du périple de Batman à travers le monde, avec un arrêt cette fois-ci du côté de l’Argentine. Le justicier de Gotham croise cette fois-ci non pas un nouvel allié mais bien El Gaucho, personne apparu depuis les années 50 mais qui, en un sens, reste encore à découvrir…

Batman Inc. #3 [DC Comics] Scénario de Grant Morrison
Dessins de Yanick Paquette
Sorti aux USA le mercredi 9 mars 2011

C’était logique : Batman n’allait pas se contenter de recruter de nouveaux héros au Japon et en France. Il était normal que le héros se tourne aussi vers les membres survivants du Club of Heroes. Mais plutôt que de taper à la porte de Knight & Squire, qu’il connait très bien, Batman va chercher du côté argentin, pour faire une proposition au Gaucho. Par rapport aux deux premiers épisodes « japonais », cette aventure argentine est aussi différente que le jour et la nuit. Là où le Japon était urbain et, pour bonne partie des pages, avec des scènes nocturnes ou en intérieur, le pays du Gaucho représenté ici est ensoleillé (d’ailleurs on se dit que porter une tenue de Batman sous un temps pareil n’a sans doute rien d’une partie de plaisir) et presque rural, avec de grandes étendues sauvages.

Les profils des deux héros locaux sont aussi très différents. Là où Batman rencontrait un sidekick qui avait une grosse envie de progresser, le Gaucho est au contraire un personnage qui a l’essentiel de sa carrière derrière lui, un rien blasé, et qui campe sur ses certitudes (ce qui permet d’ailleurs une scène croustillante sur l’identité de Batman et ce que le héros mexicain en pense). Par contre il est certain que la mentalité de l’argentin rejaillit sur l’épisode et donne un ton finalement moins dynamique que la saga précédente. Peut-être aussi que le segment d’ouverture, avec les Victory V, fait un peu diversion. On aimerait en voir plus et du coup, scénaristiquement, passer des pistes lancées par ces héros anglais vers le personnage vieillissant du Gaucho ne semble pas si naturel que ça. Aux dessins, Yanick Paquette continue du relief à tout çà, même aux gangsters argentins de troisième ordre. Chez pas mal de dessinateurs, le concept d’un bandit portant un perroquet ressortirait de façon ridicule, Yanick campe la chose avec force et conviction. La série mériterait quand même de sortir sur une base mensuelle de manière à ne pas perdre de tension via des délais trop longs.

[Xavier Fournier]