Avant-Première VO: Review Ant-Man #1[FRENCH] Imminence du film Ant-Man oblige, Marvel Comics redonne enfin sa chance au héros. Enfin, c’est la seconde série mensuelle consacrée à l’homme-fourmi mais la première qui utilise comme protagoniste Scott Lang, ex-membre des Avengers, des Fantastic Four ou de la Future Foundation. Mais un tel CV ne lui assure pas une vie tranquille dans cette savoureuse série signée Nick Spencer et Ramon Rosanas.

Ant-Man #1Ant-Man #1 [Marvel Comics] Scénario de Nick Spencer
Dessins de Ramon Rosanas
Parution aux USA le mercredi 7 janvier 2015

Ne hurlez plus à la mort parce que Marvel Comics calque sa stratégie sur les films de Marvel Studios. Au contraire, le ciné peut être un formidable outil pour botter le derrière à l’éditeur le forcer à farfouiller dans ses personnages secondaires pour leur redonner le lustre qui convient. Quelques mois en arrière on n’aurait pas donné cher des possibilités de voir Marvel publier des séries consacrées aux « Guardians 300 », à Rocket Raccoon ou… à Ant-Man. Et dans ce nouveau titre Nick Spencer nous donne un Scott Lang qui, tout en étant plus fébrile que dans ses apparitions récentes dans FF, ne sent pas pour autant le boulot de commande. Rien n’est fait pour le « cinématiser » et c’est bien le vrai personnage que l’on retrouve ici, sans travail de réécriture qui le trahirait. Au contraire, Spencer revient aux bases, avec un Lang obligé de se battre pour continuer à s’occuper de sa fille. Petit problème ? Son cursus ne lui permet pas de trouver de nouveau travail et son ex ne lui laisse rien passer, s’assurant que leur fille va vivre loin de lui. Scott n’a qu’une chance : décrocher un travail chez Tony Stark… ou pas.

Il y a un petit truc qui cloche (mais qui n’est pas la faute de Spencer). Dans l’univers Marvel post-Axis, la place de Tony Stark « inversé » pose question. Car s’il a pignon sur rue, on a du mal à comprendre comment A) les Avengers ne seraient pas à sa porte pour le déprogrammer manu-militari B) comment l’état de Stark ne serait pas connu au sein de la communauté super héroïque. A priori Scott devrait savoir un peu mieux où il met les pieds. Ce contexte pas très clair est cependant compensé par un petit clin d’œil à la précédente série de Spencer (Superior Foes of Spider-Man). Le ton de son Ant-Man, en un sens, a aussi des choses en commun avec ce que l’auteur faisait avant avec Boomerang. Scott Lang devient un type qui fait du mieux qu’il peut… mais qui en prend plein la figure. Ant-Man devient du coup immédiatement attachant, loin du pathos de ses apparitions précédentes. Ant-Man, c’est aussi l’histoire d’un type qui tente d’être super-héros tout en se comportant comme père et, sous cet angle, ils ne sont pas 36 dans les comics modernes (et Batman n’a pas le même genre de problème matériel). À noter l’excellente prestation de Ramon Rosanas aux dessins, qui a parfois des petits accents visuels d’un Kevin Maguire. En tout cas, c’est un excellent début…

[Xavier Fournier]