[FRENCH] C’est décidément le grand retour des terres alternatives chez DC Comics cette semaine, avec les lancements d’Earth 2 et Worlds’ Finest mais en plus l’irruption d’une « Terre 23 » qui joue les interludes dans Action Comics. Au menu un Superman « black » qui doit sauver des réfugiés d’une autre dimension. En apparence rien à voir avec le Superman habituel. Et pourtant…

Action Comics #9 [DC Comics] Scénario de Grant Morrison
Dessins de Gene Ha
Sorti aux USA le mercredi 2 mai 2012

Action Comics est une série qui a besoin d’épisodes de « fill-in » pour tenir les délais (ou disons plutôt que le dessinateur Rags Morales n’est pas spécialement connu pour tenir un rythme mensuel). Grant Morrison a donc fait le choix d’histoires venant se glisser « hors chronologie ». Après deux numéros consacrés à la Legion of Super-Heroes qui avait permis d’attendre la fin de l’arc avec Brainiac, on change littéralement d’univers avec un monde que les lecteurs de longue date auront reconnu : Celui du « Superman noir » président des USA, qu’on avait vu pour la dernière fois lors de Final Crisis. Ce n’est pas un simple jeu de passe-passe ethnique et on se rend vite compte que sur cette terre il existe diverses différences culturelles avec ce qu’on connaît. La seule constante, finalement, c’est que Superman est un « bon gars ». Mais est-ce une règle qu’on retrouve dans toutes les dimensions ? Justement non : Le scénariste s’empresse d’ailleurs de le démontrer en introduisant un trio de réfugiés venus encore d’un autre univers alternatif, pourchassés par un Superman qui, clairement, n’a rien de très sympathique. Le héros de Earth-23 va donc devoir s’en mèler…

Il est probable que certains lecteurs prenant trop les choses au premier degré s’égareront dans cet épisode, qui, à un certain niveau, raconte un combat entre un bon Superman et un mauvais. Tous les deux se considérant comme seul vrai personnage de ce nom. Et comme à priori on est habitué à celui de « Terre 1 », l’affrontement pourrait sembler un peu caduque. Mais au delà des apparences le scénariste a un vrai propos. Ce numéro est la démonstration que ce qui fait Superman ce n’est pas son apparence, pas sa couleur, pas son costume mais certaines valeurs. Comprenez qu’à travers le Superman de Terre 23 Morrison défend le Superman du DCnU en expliquant que c’est à ses qualités morales qu’on reconnaît un vrai Superman. Et au passage l’auteur met en boîte les grosses compagnies qui voudraient figer l’évolution des personnages pour mieux les exploiter. Action Comics #9, ce n’est donc pas la suite des aventures du Superman que nous avons pu découvrir dans les huit numéros précédents mais, à n’en pas douter, ce n’est pas parce qu’on ne voit pas le héros habituel que certaines choses profondes ne sont pas dites sur lui. Sans en avoir l’air, Morrison parle au contraire très bien de SON Superman et de ce qu’il veut en faire. Et de plus rien n’empêche à l’avenir que ce « Superman 23 » fasse un petit tour à travers les mondes. Un fill-in ? Peut-être. Un épisode inutile ? Pas du tout, bien au contraire…

[Xavier Fournier]