[FRENCH] Cette semaine Mark Millar et Tommy Lee Edwards mettent un point final à la minisérie 1985. Et attention, ce n’est pas une fin, c’est une apothéose ! Après cinq numéros consacrés à l’invasion du monde réel par les pires super-villains de l’univers Marvel, ce dernier chapitre donne évidemment une certaine place à la légitime raclée que méritent les gredins. Le petit Toby n’est pas allé chercher de l’aide pour rien. Mais dans les dernières pages, Millar se surpasse…

1985 #6 [Marvel] Scénario de: Mark Millar
Dessins de: Tommy Lee Edwards
Sortie américaine Mercredi 29 octobre 2008

Nous sommes 23 ans dans le passé et les pires personnages de chez Marvel ont débarqué dans un monde (le notre) qui n’est pas prêt pour leur faire case. Et les enjeux ont brusquement grimpé à la fin de l’épisode précédent quand, après des menaces comme le Vulture ou Doctor Octopus, c’est le géant Galactus qui est entré dans la mêlée, sur le point de dévorer notre planète. Bon, restons calmes, le fait que nous soyons toujours là presque un quart de siècle plus tard pour lire ce comic-book est quand même un bon indice que finalement le gueuleton galactique n’a pas eu lieu. Et puis on a vu Toby, le jeune héros du récit, aller chercher de l’aide directement dans l’univers Marvel le mois dernier. Ajouter 1+1 et vous saurez comment la Terre finit par être sauvée. Mais ce n’est pas tout à fais le propos de cet ultime numéro.

Non, Millar place la barre à un niveau totalement différent. Disons que les cinq premiers numéros préparaient à ce cinquième (d’ailleurs je pense qu’il y aura une prime à la lecture en TPB pour cette mini) et que le scénariste est particulièrement inspiré pour cette conclusion qui délivre des valeurs inattendues. Tommy Lee Edwards est lui aussi très bien à son poste, réussissant à rester fidèle à son style tout en utilisant deux ambiances différentes pour séparer les deux mondes. Disons que le début de la série privilégiait en apparence un certain premier degré, une fantaisie d’adolescent : découvrir l’univers Marvel sous ses fenêtres. Mais Millar amène le concept vers quelque chose de totalement différent dans les dernières pages. Disons-le, le concept de perméabilité entre le monde réel et la fiction est quelque chose qui a été utilisé par une légion d’auteurs depuis le Golden Age. Morrison, Ellis, Waid et quelques autres y ont touché ces dernières années. On ne peut plus prétendre à l’originalité en invoquant seulement cette « simple » rencontre. Mais Millar, très en forme, trouve une valeur ajoutée efficace : l’émotion.

Attention : Je ne parle pas d’une émotivité qui dériverait vers de la sensiblerie. Non, une émotion simple, humaine qui fait qu’entre les souvenirs réels et le monde de la fiction il y a une passerelle avec en prime un brin d’humour pour peaufiner le tout. La fin de l’épisode (et donc de la minisérie) est douce-amère. Elle ne consiste pas en une débauche d’effets spéciaux balancés par des mutants et des super-héros en tout genre. En définitive 1985 est l’histoire d’un père et d’un fils unis par un même amour des comics. Ce ne sera peut-être pas l’avis de tout le monde mais je pense que c’est tout simplement l’un de des meilleurs scénars récents de Millar. Diablement efficace en tout cas…

[Xavier Fournier]