[FRENCH] Pour marquer le coup après le passage d’un peu plus d’un an d’histoires d’Irredeemable, Mark Waid nous propose ce qui pourrait s’apparenter à un « annual », avec des tranches de vie de divers personnages avant que le Plutonian ne révèle sa vraie nature. Des ambiances très différentes d’une histoire à l’autre…

Irredeemable Special #1 [Boom!]

Scénario de Mark Waid

Dessins d’Howard Chaykin, Emma Rios, Paul Azaceta

Parution aux USA le mercredi 14 avril 2010

La période qui précède le « pétage de plombs » du Plutonian est un élément qui revient régulièrement dans la série Irredeemable, à travers de nombreux flashbacks. Forcément, en voyant ce monde tomber en ruines, on est intéressé par ce que pouvait donner précédemment la camaraderie très « Silver Age » entre les différents héros. Là où les titres dérivés d’un J.M. Straczynski sur Rising Stars apportaient peu de choses à l’ensemble, une mini-série consacrée aux exploits communs du Hornet et Irredeemable ne serait pas hors de propos. Mark Waid semble aller dans cette voie à travers ce « special » dans lequel tous les segments sont en fait une sorte de prologue à Irredeemable #1. On découvre ainsi le regard que le Hornet (le pseudo-Batman assassiné dans le premier épisode) portait sur le Plutonian. On remonte aussi sur le début de carrière de la fascinante Kaidan. Enfin et surtout on découvre la formation du tandem Max Damage/Jailbait…

Pour les deux premiers segments, les histoires ont plus un parfum de « back-up » plutôt que d’histoires principales. Voila clairement des choses qu’on aurait imaginé voir au fond d’un annual et pas dans les premières pages. La description du Hornet est assez convenue, réserve peu de surprises. Disons que le Hornet correspond assez à ce qu’on attendait. Tout au plus c’est un justicier urbain issu de la « working class », avec des problèmes de budget. Pour Kaidan, les vides à combler étaient plus importants et on peut parler d’une vraie origine du personnage, tout en lorgnant ouvertement sur certains films japonais de la dernière décennie. Emma Rios, dans cette séquence, démontre des progrès énormes. Mais finalement le morceau de résistance, simple mais efficace, est gardé pour la fin (encore faut-il être friand, comme moi, du style d’Howard Chaykin). Voici qu’on nous révèle comme Max Damage (star de la série soeur d’Irredeemable) s’est entiché de Jailbait, qui lui sert essentiellement de sidekick. Le style de Chaykin et son aptitude à évoquer des ambiances « dirty » (ce ne sont pas les lecteurs de Black Kiss qui me contrediront) conviennent parfaitement à Max et je me dis que j’aimerais bien revoir Chaykin associé au sieur Damage dans d’autres occasions. Globalement ce spécial donne néanmoins d’être constitué de bric et de broc. Alors que c’était peut-être l’occasion (comme pour Chaykin) d’aller chercher des auteurs en dehors des canons habituels de la série…

[Xavier Fournier]