[FRENCH] Depuis la conclusion de Final Crisis, on savait que Bruce Wayne s’était retrouvé projeté dans la Préhistoire et réduit à vivre dans les cavernes. Celui qui l’a expédié dans cette ère, Grant Morrison, s’allie à Chris Sprouse pour raconter la saga d’un Batman perdu à travers l’espace-temps…

Batman: The Return of Bruce Wayne #1 [DC Comics] Scénario de Grant Morrison
Dessins de Chris Sprouse
Sorti aux USA le mercredi 12 mai 2010

Batman à l’age des cavernes, ça ne ressemble pas vraiment aux Flinstones. Reprenant directement la suite des derniers moments de Final Crisis, Batman: The Return of Bruce Wayne nous montre le héros vivant dans sa grotte après la mort de « Old Man », confronté tour à tour à l’arrivée d’une tribu qui ne sait rien de lui (d’ailleurs le groupe en question m’a fait penser, sans doute accidentellement, au casting du dessin animé « Il était une fois l’Homme ») mais aussi à la découverte d’une curieuse fusée (elle aussi liée au dernier numéro de Final Crisis). Si d’un côté la présence de Vandal Savage est un pétard mouillé tant c’était couru d’avance, le reste de cet épisode est d’une excellente tenue. Côté scénario on lorgne dans une ambiance à mi-chemin entre la saison 5 de Lost et Marvel 1602 (même si, clairement, l’époque n’est pas la même), avec un Batman réduit au stade de survivant dans une ère inhospitalière. En un sens Batman s’y montre aussi dur-à-cuire que s’il s’agissait d’un Wolverine perdu dans le temps. Et dans le même temps Grant Morrison s’en donne à cœur-joie avec des allusions perpendiculaires (par exemple on comprend comment la présence de Bruce à cette époque génère une légende qui elle-même provoquera des siècles plus tard l’existence d’un de ses alliés). Moins attendu que Vandal Savage : je ne pensais pas qu’on verrais la Justice League si tôt dans le récit mais tout ça va très certainement dans le bon sens.

Pour ce qui est des dessins, le style de Chris Sprouse forme un excellent combo avec le scénario de Grant Morrison. Sprouse a quelque chose de propre, de clair, dans son trait qui donne un relief très intéressant avec cette époque sauvage. Autant Final Crisis est loin de m’avoir convaincu, autant cette « suite », en tout cas pour ce premier épisode, est bien plus proche de Batman RIP dans le ton. Depuis quelques semaines, dans l’attente de cette saga, plusieurs lecteurs m’avaient parlé de ce « Batman Lost In Time » en anticipant qu’il s’agirait sans doute d’un pendant DC du récent Captain America Reborn. Si j’en juge par ce premier numéro, la chose me parait ici autrement mieux gérée, avec le déplacement temporel du héros qui, déjà, laisse des traces. Bref, si tout le restant de la mini est du même tonneau, cela fera tout à fait mon affaire…

[Xavier Fournier]